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2015-07-13  |  

Actes professionnels en pharmacie : charger ou ne pas charger, telle est la question... (1/2)

rémunération actes professionnels en pharmacie

François-Xavier Houde, étudiant en pharmacie à l’Université de Montréal, nous propose une fois de plus son opinion sur un sujet qui lui tient à cœur : la réalité des pharmaciens propriétaires. Voici la première partie de son article, dont la deuxième suivra sous peu. Bonne lecture!

Les services de santé privés

Les dernières campagnes électorales ont toutes misé sur la garantie que chaque Québécois aura son médecin de famille. Cette promesse tarde pourtant à être remplie. Cependant, à mesure que le taux de patients inscrits par médecin augmente, le discours public change. C’est bien d’être inscrit sur la liste d’un médecin, encore faut-il y avoir accès et le voir en temps opportun. Après plusieurs années à attendre que le système s’adapte, l’entrepreneuriat en santé fait son chemin. Par exemple, la population de Québec pourra bientôt compter sur un médecin privé pour effectuer des visites à domicile. Les États-Unis et la Colombie-Britannique peuvent également compter sur des applications pour discuter en virtuel avec leur médecin.

Il ne fait aucun doute que d’autres services privés de ce genre verront bientôt le jour. Je vois difficilement comment cette tendance peut être annulée. Un système à deux vitesses demeure un sujet controversé, avec son lot de bénéfices et de désavantages. D’une part, il apparaît beaucoup plus efficace. D’autre part, il est plus coûteux et crée des inégalités ; les mieux nantis auront accès à des soins plus rapidement et à la fine pointe de la technologie.

Le système à deux vitesses, une nouveauté?

Ne soyons pas dupes non plus. Le système de santé à deux vitesses existe depuis très longtemps. Seulement, il a fait sa place plus subtilement : l’assurance médicament. Voyez-vous, cette dernière est bien distincte de l’assurance-maladie. La couverture des médicaments est gérée par l’assurance collective d’un employeur, assurance à laquelle l’on doit obligatoirement adhérer. On en déduit que la consultation médicale est un service public, mais que l’action qui doit en découler pour ramener le patient à son niveau de santé, soit la prise de médicaments, est un service partagé entre le public et le privé. Pourtant, la consommation d’un médicament à l’intérieur de l’hôpital est un service public. En quoi l’utilisation d’un médicament à l’intérieur de son chez soi est différente de l’utilisation d’un médicament à l’hôpital? On pourrait faire l’hypothèse qu’une hospitalisation implique généralement la consommation de plus de médicaments, ce qui en fait un processus très coûteux pour le particulier. Cependant, je peine à croire que le coût médicamenteux de l’hospitalisation soit la vraie raison. En effet, plusieurs médicaments pris dans le confort de son chez-soi sont très dispendieux, comme les injections d’anticorps pour les maladies inflammatoires. Ces médicaments sont couverts par les assureurs privés. Ils sont si chers que les compagnies pharmaceutiques paient même une partie du médicament dans certains cas.

Un traitement parmi tant d’autres

Comment déterminer quel traitement doit être payé par le consommateur? lequel doit être payé par l’État? lequel doit être payé par l’assureur privé? et lequel doit être payé par la compagnie pharmaceutique? Là est la question. Un médicament n’est rien d’autre qu’un outil thérapeutique parmi tant d’autres. Il est très efficace, simple d’administration, mais pas nécessairement plus efficace que bien d’autres traitements, pourvu que ceux-ci disposent d’un niveau de preuve comparable (pas comme le collagène en comprimé, les produits homéopathiques et autres produits de consommation flirtant avec le charlatanisme). Du côté des alternatives comparables aux médicaments, sinon meilleures, notons la psychothérapie, la nutrition, la physiothérapie, la dentisterie, la podiatrie, etc. Comment justifier que ces expertises soient toutes majoritairement du domaine du privé lorsque vient le temps de solliciter leurs services? Pourquoi est-il discutable que la médecine s’exerce au privé, mais pas pour ces professions? Plus j’y pense, plus je me dis que la différence ne doit pas résider dans la profession, mais plutôt dans le type d’acte, dans son utilité et dans son niveau de preuve.

La suite de cet article suivra la semaine prochaine. Restez à l’affût!

Par François-Xavier Houde
Étudiant en pharmacie à l’Université de Montréal




Avenir de la pharmacie | Gestion en pharmacie | Loi 41

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