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2013-02-06  |  

Cartagène, un projet scientifique innovateur

Cartagène

Les Québécois sont malades sans même le savoir! Voilà une affirmation étonnante qu’a révélée l’équipe de Cartagène au grand public de même qu’à la communauté scientifique. Il semble que ce ne soit que le début d’un projet innovateur et ô combien prometteur visant à comprendre et à améliorer la santé des Québécois. Catherine Boileau, PhD, associée de recherche en épidémiologie, nous en dit davantage sur Cartagène 

Catherine, peux-tu nous décrire ce qu’est Cartagène?

Cartagène est  une biobanque populationnelle de grande envergure. À la base, l’objectif du projet était de développer cette banque afin de créer une véritable infrastructure pour la recherche en santé publique et en génomique. Nous voulions faire en sorte que cette banque soit accessible à la communauté scientifique du Québec et du Canada, mais aussi à l’échelle internationale. Cette infrastructure nous permet entre autres de faire des liens entre les maladies chroniques, les prédispositions génétiques, les facteurs environnementaux, et, évidemment, la santé. Bien qu’encore peu connu, ce genre d’infrastructure est de plus en plus présent à travers le monde. Le Québec a choisi d’investir à ce niveau dans un désir de mieux comprendre les liens entre les gènes et les maladies, une préoccupation majeure en santé.

Cartagène est-il un projet récent?

La première phase du projet a débuté en 2007. Deux années plus tard, nous étions prêts à recruter 20 000 personnes provenant des régions métropolitaines du Québec. Ces gens ont tous été questionnés sur leur santé, leurs habitudes de vie, sur leurs antécédents médicaux et plus encore. Nous avons aussi procédé à des examens physiques et à des prélèvements d’urine et de sang. Les résultats obtenus nous ont permis d’explorer de nouvelles pistes. 

Cette première étude vous permet-elle à ce jour de tirer des conclusions?

Les recherches menées à ce jour nous ont plutôt permis de constater des faits, relevant certaines fois de l’évidence, mais d’autres fois étant complètement surprenants! Les participants ont soulevé des maladies auxquelles nous nous attendions : l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle, l’arthrite, l’ostéoporose, etc. Par contre, nous avons été étonnés de constater que plusieurs personnes éprouvaient des problèmes de santé sans même le savoir! En effet, une personne sur deux avait un haut taux de cholestérol, mais n’avait jamais reçu de diagnostic. Autre fait curieux, plus de 90 % des gens font de l’insuffisance rénale chronique, légère ou modérée, mais ne sont pas au courant de leur situation. Évidemment, nous avons mis le doigt sur un problème suscitant de nombreux questionnements.

Selon vous, pourquoi la condition de santé des gens leur est-elle souvent étrangère?

Je crois qu’un ensemble de causes explique ce phénomène. Sans vouloir pointer du doigt qui que ce soit, je crois que tout le monde a une part de responsabilité, que ce soit le patient lui-même ou bien le corps médical. On peut penser que les gens n’adoptent pas une attitude très préventive face à leur santé, ou encore, qu’ils n’ont pas accès à un médecin de famille. Nous avons cependant observé que, dans certains cas, le médecin ne croira pas nécessaire d’alerter son patient aux prises avec un léger problème d’insuffisance rénale, par exemple. Toutefois, on sait que ce genre de problème de santé, même s’il est mineur, peut se détériorer et avoir des effets négatifs sur d’autres conditions du patient. Ceci dit, voilà l’importance de conscientiser le patient, mais aussi le corps médical. 

Comment les professionnels de la santé peuvent-ils agir pour améliorer la situation?

Si les professionnels de la santé ont une part de responsabilité, ils sont loin d’en avoir l’entièreté! Un médecin va traiter un patient qui se présente à son bureau. Toutefois, il ne peut rien faire si les gens ne se préoccupent pas de leur santé personnelle. Le médecin a le devoir d’évaluer l’état de santé d’un patient, de conscientiser son patient à l’adoption de bonnes habitudes de vie, mais il doit aussi avoir un regard global sur l’état de santé de son patient. En d’autres mots, il doit garder en tête qu’il ne traite pas seulement une maladie, mais qu’il doit se préoccuper des répercussions nocives qu’elle peut engendrer, à court ou long terme. 

… et le patient, lui?

Le rôle du patient est d’améliorer son mode de vie, ou du moins d’adopter un comportement préventif, dans la mesure du possible. On ne répétera jamais assez l’importance de vivre dans un environnement sain, d’avoir accès à des services sanitaires, de consommer des aliments sains, etc.  Malheureusement, le milieu de vie des gens ne le leur permet pas toujours.

Alors, quelle est la prochaine étape pour Cartagène?

D’ici la fin du mois de mars, on espère obtenir une cohorte de base de 37 000 personnes représentatives de six régions métropolitaines au Québec. Cette cohorte nous permettra d’obtenir, entre autres, des échantillons sanguins qui seront entreposés dans une biobanque pour la communauté scientifique. Nous espérons que les scientifiques verront la pertinence d’un tel projet de recherche. En ce sens, nous travaillerons à développer et à promouvoir l’utilisation des données de Cartagène. Assurément, c’est une infrastructure à fort potentiel qui nous permettra de faire de belles découvertes et d’explorer les données génétiques reliées aux maladies chroniques.

 

 Rédigé par Noémie Desbois Mackenzie




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