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2014-11-14  |  

De déchets à DD

recyclage en pharmacie

La Semaine québécoise de réduction des déchets s’est récemment clôturée. Savez-vous si votre pharmacie y a participé ?

Ce qui est certain, c’est qu’un pharmacien propriétaire doit prendre les mesures nécessaires pour assurer une gestion responsable des médicaments périmés et autres résidus de nature pharmaceutique. Mais qu’en est-il des autres matières résiduelles, celles résultant de l’exploitation quotidienne d’une pharmacie?

Une pharmacie peut générer une quantité importante de matières résiduelles : emballages, contenants de plastique, de verre ou de métal, produits nettoyants, matières organiques, piles, etc. Un exemple : à la pharmacie Sébastien Aubin et Nadine LaCasse (à Wakefield), nous avons évalué à 45 tonnes leur quantité annuelle de déchets.  

Mais la pharmacie valorise désormais plus de 90 % de ses matières résiduelles. Nous évitons ainsi l’enfouissement de plus de 40 tonnes de déchets, soit environ 5 camions d’ordure en moins chaque année ! Et en tant que première Pharmacie écoresponsable avec Maillon Vert, nous sommes fiers qu’elle ait obtenu l’attestation ICI ON RECYCLE! niveau 3 – Or, de RECYC-QUÉBEC.

Moins de déchets générera d’une part des bénéfices touchant les trois axes du DD : l’économie, l’environnement et la société. D’autre part, les actions entreprises contribueront à renforcer le sentiment de fierté des employés de même qu’une perception positive de la part des clients, des fournisseurs et de l’entourage. En effet, dans les pharmacies que nous accompagnons, le recyclage est habituellement l’initiative la plus demandée par les employés de pharmacie !

Mais le recyclage n’est que la pointe de l’iceberg : c’est en appliquant le principe des 3RV qu’on peut réellement maximiser notre impact et faire des économies.

Une étape à la fois

Essentiellement, la gestion des matières résiduelles d’une pharmacie comprendra deux volets : le premier visera les déchets résultant de l’exploitation de l’établissement et, le deuxième, du service à la clientèle (sacs de plastique, emballages, circulaires et autres).

Il y a fort à parier que les déchets de votre pharmacie sont constitués en forte majorité de carton, puis de plastique, verre et métal ; il s’agit alors d’installer les bacs appropriés pour la récupération de ces matières, quitte à revoir l’organisation du laboratoire et des autres espaces pour qu’ils soient situés à des endroits stratégiques compte tenu des routines de travail. Il faut également prévoir les procédures pour la gestion de tout ce qui peut être réutilisé : les glacières, le papier brouillon, etc.

Une bonne gestion des matières résiduelles devrait aussi tenir compte du budget et des processus opérationnels, afin qu’ils soient non seulement adaptés à votre contexte, mais également rentables.

Réduction à la source et sensibilisation

Il restera à voir les moyens pour la réduction à la source, notamment en favorisant le recours aux versions électroniques des documents par rapport à l’imprimé et, le cas échéant, le paramétrage des appareils pour l’impression recto verso par défaut. Dans le même esprit, désabonnez-vous des listes de fax indésirables, et réévaluez l’impression des « rapports de transmission » systématiques.  Le bien le moins polluant n’est pas celui que l’on ne jette pas; c’est celui que l’on ne consomme pas. C’est également le moins cher !

Quant au volet qui touche le service à la clientèle, on visera surtout la sensibilisation des clients afin qu’ils appuient vos efforts de réduction des déchets. Il s’agit par exemple de mettre à leur disposition des formats appropriés de sacs réutilisables pour réduire la quantité de sacs de plastique jetables, et disposer des bacs à recyclage de manière appropriée. Ces gestes réduisent le gaspillage et devraient normalement se traduire par une meilleure utilisation des ressources, donc des économies qui deviendront substantielles avec le temps.

Mis ensemble, ces gestes simples seront aussi l’occasion de mobiliser les employés autour d’un projet commun, tout en renforçant le lien avec les clients. Bon pour la pharmacie, bon pour la planète !

Créer un « buzz »

Une recommandation personnelle pour pousser encore plus loin le volet sensibilisation est d’installer des bacs pour le recyclage de petits déchets électroniques, comme les piles domestiques ou les téléphones cellulaires. Il est commun que les gens ne sachent pas comment se débarrasser des petits objets électroniques. Comme la pharmacie est un commerce de proximité où le citoyen passe régulièrement, nous rendons ainsi un service à l’environnement, à notre communauté, à nos clients. Pour d’autres idées, consultez la section dans le guide Pharmacie écoresponsable.   

—-

Ce texte a été remanié à partir de l’article « Vol. 21, no 3, Été 2014 » du Bulletin express de l’AQPP, par son auteur.

Par Marc-André Mailhot
Pharmacien et président de Maillon Vert




Développement durable

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