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2014-04-08  |  

De la véritable prévention

Prévention

Qu’est-ce qui peut améliorer le bien-être, réduire significativement les risques de maladies, et qui ne coûte presque rien?

Dans l’article Des médicaments à vie pour les bien-portants?, nous avons vu les efforts des compagnies pharmaceutiques pour nous convaincre que les médicaments offrent la meilleure avenue de prévention des grandes maladies. Cet argument n’est, malgré une science intéressante, qu’un argument de marketing puissant.

Mais devant les maladies dévastatrices que sont cancers, maladies cardiaques et autres, que pouvons-nous réellement faire? Y a-t-il moyen de réduire les risques de maladies chroniques et d’améliorer la qualité de vie sans avoir à subir d’effets secondaires ni faire de ponction dans notre portefeuille (personnel ou étatique)?

Oui, ça se peut!

La détection précoce apporte-t-elle la réponse?

La tendance est à la mise en place de stratégies pour rendre les tests les plus sensibles accessibles au plus grand nombre de gens. Le but avoué est de détecter le plus tôt possible les premières traces d’une maladie pour que le traitement soit plus efficace, probablement moins long, et moins difficile pour le patient (voir aussi Prévention ou détection précoce?).

Il est facile de supporter scientifiquement de telles campagnes parce que les études ont été faites. On connaît les taux de succès des interventions. On connaît aussi la différence entre le coût d’un traitement précoce et celui d’un traitement tardif. Mais, il y a un « mais ». Ces stratégies ont un coût très important. On sauve sur le coût du traitement, c’est vrai, mais on doit effectuer des tests sur un nombre beaucoup plus élevé de patients. De plus, il faut évidemment avoir les machines les plus récentes, les spécialistes les mieux formés, les installations de haute technologie les plus à jour, bref, beaucoup de $$$.

Tout comme pour la prise de médicaments en prévention, le jugement du médecin est important pour éviter de faire inutilement passer des tests (parfois invasifs, souvent néfastes pour la santé, toujours désagréables et coûteux) à des personnes dont le risque de développer la maladie est minime. Si les parents de votre patient sont décédés du cancer, qu’il fume, qu’il est stressé, qu’il mange mal, et qu’il a 50 ans ou plus, les tests sont évidemment indiqués! Dans ce cas, la détection précoce est un incontournable. Par contre, pour un patient qui n’a aucun facteur de risque, sauf peut-être l’âge (à partir de 50 ans, on nous considère à risque de toutes les maladies associées au vieillissement), la détection précoce l’entraine dans l’engrenage des rendez-vous, perte de temps, stress inutile et angoisse d’attendre les résultats. Sans parler des faux positifs…

Et la vraie prévention?

Selon les différentes sources, les maladies chroniques sont dues en très grande partie à nos habitudes de vie. C’est là où on peut agir de façon efficace. L’intérêt majeur de travailler sur les habitudes de vie est que l’effet secondaire de cette approche est une amélioration de la qualité de vie globale, et non un effet adverse négatif, comme avec plusieurs médicaments. D’ailleurs, une étude allemande effectuée sur plus de 2000 personnes a évalué l’impact de 4 facteurs:

  • tabagisme: ne jamais avoir fumé = 1 point;
  • poids: ne pas être obèse (IMC < 30) = 1 point;
  • activité physique: 3,5 heures par semaine ou plus = 1 point;
  • alimentation: beaucoup de fruits et légumes, grains entiers, peu de viande = 1 point.

Les participants qui cumulent 4 points ont un risque 78% plus faible de développer une maladie chronique que ceux qui ont 0 point. Plus précisément, la réduction se chiffre à 93% pour le diabète, 81% pour l’infarctus du myocarde (crise cardiaque), 50% pour les AVC (accidents vasculaires cérébraux) et 36% pour les cancers.(1) Des résultats similaires ont été obtenus aux États-Unis.(2)

En pratique…

La prévention est une attitude, un mode de vie qui repose sur une prise de conscience. Elle se traduit par une série de gestes simples, comme lire les étiquettes des aliments transformés pour éviter les produits contenant des ingrédients nocifs.

L’alimentation «verte» est notre meilleure alliée.

Plus de légumes, plus de fruits, moins de farines blanches, peu de féculents. Il faut privilégier les protéines végétales (légumineuses de toutes sortes) et réduire surtout la viande rouge. Manger bio aide à réduire la charge de substances toxiques (pesticides).

Exit le BBQ et les charcuteries.

La viande grillée sur le BBQ brûle toujours un peu, et le brûlé contient des goudrons cancérigènes qui affectent directement la flore intestinale et favorisent le développement des clostridies. Il est important de diminuer aussi les viandes très cuites (semelle de botte). Les charcuteries contiennent des nitrites qui peuvent se transformer en nitrosamines cancérigènes. Les fameuses saucisses à hot dog et autres charcuteries du même style contiennent, une fois cuites, des amines hétérocycliques aussi connues pour leurs effets cancérigènes.

Réduire l’utilisation des plastiques.

Les plastiques contiennent des additifs qui sont des perturbateurs hormonaux (voir Faut-il éliminer les plastiques? et Bisphénol A… à Z). Et surtout, ne jamais mettre les contenants de plastique dans le four à micro-ondes! La chaleur facilite la libération des substances nocives.

Privilégier les sources de fibres solubles.

Les fibres solubles (avoine, sarrasin, lin, chia, fruits pulpeux comme la pêche, la prune, etc.) favorisent l’élimination des gras et des sucres et contiennent des prébiotiques qui améliorent la flore intestinale.

Éliminer les sucres raffinés, les boissons gazeuses, etc.

Ce sont des facteurs de risque importants du diabète et du syndrome métabolique.

Augmenter les omégas 3.

Les végétaux et les marins. (Voir Encore des omégas 3! et tous les articles de la catégorie Omégas 3.)

Couper le néfaste food et l’alimentation industrielle.

Manger le moins de friture possible: la friture oxyde les gras et les rend dangereux pour la santé, sans parler des glycotoxines comme l’acrylamide qui sont créées sous l’action des hautes températures.

Activité physique

N’importe quelle activité physique qui nous fait lever de notre fauteuil est bonne! Il faut chercher à faire au moins 30 minutes par jour d’une activité qui nous fait respirer profondément et donne chaud. La marche est bien, mais il faut un minimum d’intensité pour qu’elle procure des bienfaits physiques. Les escaliers sont plus intéressants. Ceux qui prennent le métro pour aller travailler ont l’occasion, 2 fois par jour (ou plus), de faire de l’activité intense.

Tabagisme: la pire habitude de toutes

Après 10 ans de tabagisme, un fumeur a les artères 10 ans plus vieilles qu’un non-fumeur du même âge. Sa peau est ridée et grise, sans parler de ses poumons. Mais le tabac est probablement la drogue qui a été conçue pour asservir le cerveau le plus efficacement. Les fabricants de tabac ont développé une technologie (à base d’additifs et de modification de la plante) qui accélère l’entrée de la nicotine au cerveau (en moins de 7 secondes) et augmente le niveau de dépendance!

Stress

Toute activité qui réduit le stress, qui sert de soupape, améliore non seulement l’espérance de vie, mais aussi la qualité de vie. Le stress est le plus important facteur d’aggravation des maladies chroniques. La meilleure façon de réduire le stress est d’aller jouer dehors!

Il peut aussi être très profitable de prendre conscience de notre réaction par rapport aux diverses situations (introspection). La communication non violente (CNV) (http://spiralis.ca/ et https://www.cnvc.org/) est un outil fort intéressant lorsque le stress provient de situations de conflit. La CNV est une approche qui aide à désamorcer les conflits avant qu’ils n’apparaissent ou ne dégénèrent. Cette méthode peut être résumée comme un cheminement en quatre temps:

  1. Observation: décrire la situation de façon objective;
  2. Sentiment: exprimer les sentiments et attitudes que suscite cette situation;
  3. Besoin: clarifier son(ses) besoin(s);
  4. Demande: faire une demande respectant les critères suivants: réalisable, concrète, précise et formulée positivement. Lorsque cela est possible, il est préférable que l’action soit réalisable dans l’instant présent. Le fait que la demande soit accompagnée d’une formulation des besoins la rend négociable.(3)

Voir aussi Diminuer les effets négatifs du stress (1ère partie) et (2ème partie).

Autres points utiles

  • Filtrer l’eau du robinet par osmose inverse. Surtout, pas d’eau embouteillée, inutile, dispendieuse et contenant des substances nocives (provenant du plastique).
  • Préférer les tissus naturels et éliminer les produits ignifuges (surtout présents sur les tissus de rembourrage synthétiques). Les ignifuges sont des substances toxiques et perturbatrices hormonales.
  • Choisir des cosmétiques BIO et/ou d’un fabricant qui a signé le Compact for safe cosmetics (http://www.safecosmetics.org/) (http://www.greenecoservices.com/compact-for-safe-cosmetics-companies/). La plupart des cosmétiques et des produits de soins sont pleins de molécules connues pour leur toxicité, mais tolérées par les gouvernements (ou simplement non déclarées). (Lisez aussi Des cosmétiques, causes du cancer du sein?)
  • Consulter le site du Environmental Working Group (EWG) où l’on trouve la liste des ingrédients dangereux à éliminer de notre environnement, comme le febreeze qui contient 89 contaminants!

Consultez aussi Perturbateurs hormonaux… présents! et La vraie prévention du cancer du sein.

C’est payant pour qui?

La vraie prévention n’apporte de profit ($) à personne. Le seul profit en est un de bien-être pour l’individu. Il n’y a pas non plus de chiffre pour mesurer adéquatement son impact. Lorsque des statistiques sont disponibles, elles le sont très longtemps après l’implantation d’une politique de prévention. De plus, comme la véritable prévention n’utilise que des outils accessibles à tous: nutrition, activité physique, gestion du stress, etc., il est impossible d’obtenir une mesure fiable de leur efficacité.

Par contre, nous avons tout l’appareil hospitalier pour supporter, documenter et démontrer l’efficacité d’une stratégie de détection précoce. En plus, un gros paquet de monde y trouve son profit: spécialistes, gestionnaires, vendeurs de machines de haute technologie, compagnies pharmaceutiques, etc.

Au bout du compte, la facture est refilée à… vous et moi, puisque le budget du gouvernement, ce n’est pas la capacité de payer du gouvernement, c’est notre argent, nos impôts.

À choisir: prévention ou détection précoce?

Jean-Yves Dionne
Pharmacien spécialisé en produits de santé naturelle

Texte originalement paru sur mon blogue : Franchement Santé

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Références:

  1. Ford ES, Bergmann MM, Kröger J, Schienkiewitz A, Weikert C, Boeing H. Healthy living is the best revenge: findings from the European Prospective Investigation Into Cancer and Nutrition-Potsdam study. Arch Intern Med. 2009 Aug 10;169(15):1355-62. PubMed PMID: 19667296.
  2. Mozaffarian D, Kamineni A, Carnethon M, Djoussé L, Mukamal KJ, Siscovick D. Lifestyle risk factors and new-onset diabetes mellitus in older adults: the cardiovascular health study. Arch Intern Med. 2009 Apr 27;169(8):798-807. PubMed PMID: 19398692; PubMed Central PMCID: PMC2828342.
  3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Communication_non_violente_(Rosenberg




Santé naturelle | Sport et santé

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