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2016-06-15  |  

Déchets médicaux en pharmacie

Déchets médicaux en pharmacie

Malgré les progrès accomplis, il y a encore beaucoup à faire en matière de gestion des déchets médicaux dans les pharmacies. Parfois, le plus dur est simplement de faire le premier pas. Petit 360 sur les Rx résiduels grâce à Maillon Vert.

La gestion responsable des matières résiduelles dans les pharmacies du Québec ne date pas d’hier. On applique tant bien que mal les grands principes du 3RVE pour « réduire, réemployer, recycler » et pour : « valoriser et éliminer ». Aussi complexe que ceci puisse paraître, c’est relativement simple ! Quitte à ne pas prêcher pour ma paroisse, nul besoin de consultant pour mettre en branle une analyse rapide des enjeux d’un établissement de petite taille. Jeune professionnel vers 1998-1999, j’avais mis en place une série de pratiques vertes chez mon employeur (une organisation productrice de beaucoup de papiers). Bacs de recyclage adaptés aux espaces de travail, bacs pour le compost dans nos cuisines, sensibilisation de mes collègues et, pour encourager l’employeur à nous soutenir un peu, la participation à une attestation officielle. Recyc-Québec fournit de tels diplômes de bonne conduite ! Ici on recycle est le plus connu et s’applique à toute forme d’entreprise ou de commerce. Niveau 1, 2, 3 et mise en ligne des résultats. Certains patrons aiment la visibilité accordée. Je n’ai toutefois jamais travaillé en pharmacie où je conçois bien que les choses soient plus complexes et notamment à cause des déchets médicaux ou biomédicaux. D’accord, par rapport aux grandes cliniques ou aux hôpitaux, les pharmacies sont de petits générateurs de médicaments périmés, et encore moins de déchets biomédicaux, mais quand même, c’est un enjeu préoccupant et certains de ces médicaments sont dangereux. Consultez seulement la liste de médicaments du National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) aux États-Unis. Ce ne doit pas être sans raison que les cytotoxiques doivent être manipulés avec précaution et placés dans un contenant séparé des autres médicaments voués à la destruction…

Entre matières résiduelles et déchets médicaux

Marc-André Mailhot de Maillon Vert est un pharmacien de profession. Aujourd’hui, il accompagne les pharmacies pour qu’elles améliorent leur performance environnementale et il s’intéresse de près à la question de la gestion des déchets médicaux. Contributeur à PharmaBlogue, il écrivait un billet sur le sujet en 2014. Il y rappelait qu’un pharmacien était dans l’obligation de « prendre les mesures nécessaires pour assurer une gestion responsable des médicaments périmés et autres résidus de nature pharmaceutique » et qu’il se concentrait ensuite sur la gestion du reste : « emballages, contenants de plastique, de verre ou de métal, produits nettoyants, matières organiques, piles, etc. » J’ai récemment communiqué avec lui. Pourquoi n’avait-il pas encore écrit sur les déchets médicaux ? Voilà, il me semble, ce qui devrait le plus préoccuper les gens ? Personnellement, même si je souhaite que mon pharmacien recycle les vieux piluliers, je serais enclin à lui acheter encore plus de pastilles pour la gorge si je savais que les vieux médicaments ne se retrouvent pas dans l’environnement.  Maillon Vert est loin d’avoir oublié cet enjeu me répond-il. Au contraire, « nous avons une action complète sur les « médicaments résiduels » (les Rx résiduels) en pharmacie et ceci inclut une formation accréditée par l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) ». Il me met en lien avec Cléo Poirier Muszynski, aussi chez Maillon Vert. C’est elle qui est responsable de ce volet des activités auprès du petit groupe conseil.

Madame Poirier Muszynski explique qu’une pharmacie « réalise en moyenne 6 à 8 actions au cours de l’implantation du programme de Maillon Vert (en tout, le programme totalise 15 actions), et qu’en ce qui concerne l’amélioration de la gestion des Rx résiduels, Maillon Vert commence par évaluer l’ensemble de ce qui est fait à la pharmacie en termes de destruction des médicaments résiduels avant de formuler une série de recommandations ». Dans le jargon des consultants, on parle de diagnostic, ou, quand ils sont plus fancy, de Tour d’horizon 360 ! Maillon Vert, plus terre-à-terre, passe rapidement à l’étape de la formation. Ensuite, non sans importance, l’équipe propose au pharmacien propriétaire une stratégie de communication pour mettre en lumière les initiatives mises en place. L’objectif : informer les parties prenantes et rassurer les clients.

De la formation à l’action

Selon l’information fournie par Cléo Poirier Muszynski, cette formation offerte par Maillon Vert sur les Rx résiduels s’adresse à tous les employés d’une pharmacie. Seule du genre au Québec, la formation n’est offerte que depuis le début de l’année. « Son objectif est dans un premier temps de les sensibiliser aux impacts environnementaux, sociaux et économiques de la gestion des médicaments résiduels ». Ensuite, l’idée est de rendre leur travail plus efficace et plus sécuritaire. « La formation permet aux employés d’être outillés rapidement pour mieux informer les patients sur le rôle de la pharmacie, ainsi que d’intégrer efficacement les meilleures pratiques de destruction des médicaments. »

Marc-André Mailhot fait valoir que la gestion des déchets pharmaceutiques est l’une des actions choisies en premier lieu par les pharmaciens propriétaires en raison de la pertinence avec leur pratique. Le consultant précise que « selon les sondages que nous avons réalisés, plus de 95% des clients jugent que la pharmacie devrait détruire ses médicaments de façon sécuritaire ».

Marc-André Mailhot explique que « les bannières proposent aux pharmaciens propriétaires des procédures pour les aider à mieux gérer la destruction des médicaments selon les directives de l’OPQ ». Ce que Maillon Vert suggère pour complémenter ceci « est une procédure simple, facile à adapter pour chaque pharmacie, et qui combine l’ensemble des meilleures pratiques existantes (OPQ, Institut national de santé publique du Québec, programmes des grandes bannières ou de firmes de destruction des médicaments, etc.) ».

Prendre les devants

Contrairement aux hôpitaux, les déchets médicaux pharmaceutiques comptent pour la majorité des médicaments résiduels et, heureusement, des programmes existent pour s’en départir de manière responsable. Pourtant, au Québec, il n’existe pas encore de réglementation officielle concernant le retour des médicaments. Ainsi, la reprise des médicaments demeure volontaire de la part des pharmacies bien que ce soit pratique courante vu le code de déontologie des pharmaciens (Article 17). Des firmes spécialisées en destruction des médicaments périmés incinèrent les médicaments périmés à haute température, tandis que le matériel médical comme les seringues est désinfecté par autoclave avant d’être enfoui.

Par Mathieu Régnier
Spécialiste en communication envrionnementale




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