logo Pharmablogue



2012-09-25  |  

D'étudiant à défenseur

Été 2010 – Réception d’une lettre attendue avec impatience, une lettre qui allait faire passer mon destin de chercheur à celui de pharmacien. Réponse affirmative. La pharmacie n’était pas mon premier choix ni mon deuxième. J’avais choisi cette voie un peu au hasard, sans trop me poser de questions. Une absence de questions due à la stabilité d’un emploi bien défini à la sortie de mes études. J’étais donc un simple étudiant, comme plusieurs, qui était dans un programme sans trop savoir pourquoi et qui avait une flamme bien maigre pour la profession de pharmacien.

 

Vendredi 27 août 2010 – Je me souviendrai toujours de mon entrée en pharmacie comme d’un moment inoubliable. Les initiations, suivies de la semaine de familiarisation. Un beau mélange ! À la fin de cette dure semaine: ce moment à la teinte solennelle qu’avait été la remise des sarraus et qui avait éveillé dans ma poitrine un sentiment de fierté et d’accomplissement si fort. Ce sentiment continue de vivre en moi depuis un an et demi déjà, même si les études m’en ont fait baver à plusieurs reprises.Dès ma première semaine en pharmacie, j’ai su que le destin de pharmacien était devenu ma voie, et ce, même si j’avais auparavant été aussi indécis qu’une girouette par grands vents.

 

Samedi 5 février 2011 – C’est avec enthousiasme que j’ai assisté au premier colloque des étudiants sur l’avenir de la pharmacie organisé par les étudiants en pharmacie de l’Université de Montréal. Cet évènement, qui se veut formateur et rempli d’échanges avec les conférenciers, m’a permis de m’ouvrir à ma future profession et de m’y intéresser davantage. Nous avons eu l’honneur de rencontrer en personne M. Bolduc, le ministre de la Santé, qui nous a adressé un discours très intéressant. Optimiste quant à l’avenir de notre profession, on aurait dit que M. Bolduc avait lu dans le futur. Se sentir impliqué et pris en considération lorsque des décisions politiques pharmaceutiques sont prises, même lorsque nous ne sommes que des ¼ de pharmacien, ça n’a pas de prix. J’avais même pris comme modèle à suivre les étudiants qui avaient eu l’idée d’organiser un tel évènement. En effet, ce colloque m’a donné l’une de ces tapes dans le dos qui permettent d’avancer.

 

Mercredi 9 février 2011 – Premier cours avec Diane Lamarre, dont la réputation auprès des étudiants en pharmacie est aussi légendaire que celle d’Athéna. Une femme qui porte la pharmacie dans son cœur et qui sait comment transmettre son flambeau à quiconque l’écoute plus de cinq minutes. Une confiance et une détermination contagieuses qui m’ont beaucoup influencé au courant de l’année irradient par les pores de sa peau . Elle est un symbole de détermination pour beaucoup d’étudiants.

 

Mardi 21 septembre 2010 et lundi 24 octobre 2011 – Conférence sur l’heure du midi de Diane Lamarre dans une salle comble pouvant accueillir 200 étudiants. Normalement, les conférences intéressent de 50 à 100 étudiants et traitent de cartes de crédit, de pharmaciens remplaçants, de comptabilité, d’homéopathie, etc. Mais cette fois-ci, c’était la première fois que quelqu’un nous exposait le retard qu’avait le Québec, comparé à ses voisins provinciaux, en ce qui a trait aux aptitudes du pharmacien reconnues par le gouvernement. Le Québec, ayant toujours été un chef de file, accumulait un retard injustifié puisque la formation que nous recevions était équivalente à celle dispensée dans le reste du pays. L’argumentaire de Mme Lamarre m’ayant conquis, je la revis lors d’une autre conférence, celle du 24 octobre, aussi achalandée que la première. Cette seconde conférence portait sur les cinq actes que l’OPQ avait proposés à la chambre des communes pour le nouveau projet de loi 41. Cette loi qui nous permettrait de rattraper les autres provinces sur plusieurs enjeux cliniques si bien détaillés dans la conférence précédente.

Mme. Lamarre prit le temps de remercier plusieurs étudiants qui avaient écrit un mémoire pour appuyer les demandes de l’OPQ présentées à l’Assemblée nationale. Ce document secondait les dires de l’Ordre: le programme du PharmD avait été bâti pour former des étudiants capables de prodiguer ces cinq nouveaux actes demandés par l’Ordre des pharmaciens du Québec. Cette intervention soulignait un second geste qui renforçait davantage notre possibilité, même en étant étudiant, d’être des pions d’influence sur l’échiquier politique de notre future profession. Une preuve parmi tant d’autres que l’implication est importante dans ce qui nous tient à cœur afin de construire un environnement dynamique et en continuel renouvellement. Une implication qui ne demande que de prendre le temps de s’y consacrer et de s’y intéresser. Un intérêt qui se développe en côtoyant des gens qui possèdent des qualités que nous aspirons acquérir. Des gens qui nous tirent vers le haut et qui nous font réaliser que le sentiment qui niche en nous après cette action collective vaut son pesant d’or.

 

Mardi 15 novembre 2011 – Le Projet de loi no 41, modifiant la loi sur la pharmacie, est adopté par l’Assemblée nationale à 14h20. Il S’agit d’un bel aboutissement, même si nous avons présentement peu de détails concernant les changements que la loi va apporter dans notre travail au quotidien. Je dois dire que pour un étudiant qui entrait en pharmacie à reculons au départ, tout cela constitue une série d’évènements qui m’ont poussé à aimer la pharmacie et à vouloir m’impliquer au niveau de ma faculté. Je peux dire que les efforts de la faculté qui travaille à ce que les étudiants soit fiers de leur programme, les étudiants qui se motivent eux-mêmes en s’impliquant et en défendant leur future profession et les professeurs et conférenciers qui transmettent leur savoir, leur expérience et leur passion pour la pharmacie rendent les étudiants défenseurs de leur futur métier. Des défenseurs qui seront capables de renouveler leur profession, qui peut souvent sembler menacée par la lutte entre les ordres professionnels et par plusieurs avancées technologiques. Des pharmaciens et des pharmaciennes, comme vous et moi,  qui feront rayonner la profession par leur implication dans leur propre milieu professionnel et leur communauté. Aujourd’hui me semble un beau jour pour commencer !

Vous ne trouvez pas ?




Avenir de la pharmacie

0 commentaire

Commenter l'article

*Champs obligatoire


+ Populaires + Commentés
pommade du Dr Nweman

[ Allaitement ] La crème « tout usage » du Dr Jack Newman : un traitement miracle ?


téterelle allaitement

La téterelle et l'allaitement : pourquoi, quand et comment?


Probiotiques

Les probiotiques : quand, comment et pourquoi les utiliser?


La massothérapie

Les secrets de la massothérapie


blanchiment des dents

Le blanchiment des dents : bien plus qu’une procédure esthétique!


La profession d’ATP : en constante évolution!


Article suivant

La planification a bien meilleur goût !