logo Pharmablogue



2014-09-17  |  

Développer l’expertise en produits de santé naturels

formation produits de santé naturels

Une formation continue offerte par Jean-Yves Dionne | Académie de l’Apothicaire

Vous êtes un professionnel de la santé et l’univers des produits de santé naturels vous intrigue? Vous désirez approfondir vos connaissances sur le sujet afin d’acquérir une expertise nouvelle vous permettant de mieux orienter et conseiller vos patients?

Dès cet automne, Jean-Yves Dionne, pharmacien, répond à ce besoin en proposant une formation continue, laquelle vise à développer une compréhension fonctionnelle des produits de santé naturels (PSN).

Monsieur Dionne, quel est le public cible de cette nouvelle formation continue. S’adresse-t-elle à tous les professionnels de la santé?

Effectivement, cette formation continue est conçue pour tous les professionnels de la santé, bien qu’elle vise de prime abord les pharmaciens. Les thèmes abordés lors de cette formation sont variés et répondent donc nécessairement à de multiples besoins chez un large éventail de professionnels.

Mais d’abord… qu’entend-on exactement par produits de santé naturels? (PSN)

Les produits naturels sont des produits que l’on qualifie de non brevetables. Ainsi, ce sont des substances d’origine naturelle détenant une allégation santé et qui sont à la fois reconnues et attestées comme telles par Santé Canada. À ce sujet, il faut bien comprendre que la formation exclut donc toutes substances n’ayant pas reçu l’approbation de Santé Canada.  

Pourquoi selon vous est-il primordial que les professionnels de la santé acquièrent des connaissances en ce qui a trait aux produits de santé naturels (PSN)?

En ce qui concerne spécifiquement les pharmaciens, ils sont en théorie professionnels de toutes substances thérapeutiques. Malheureusement, cela n’est pas représentatif de la réalité observée aujourd’hui. Vous savez, lorsqu’une approche se limite exclusivement à la science contemporaine, aux molécules brevetées ainsi qu’au laboratoire… il est évident que l’on met de côté une partie de notre compétence. Dans les universités, depuis les années 70, l’enseignement de la phytothérapie n’est plus au programme. La science de la pharmacologie des produits naturels a donc été écartée du revers de la main et peu de pharmaciens détiennent aujourd’hui cette expertise. Ainsi, voilà pourquoi des boutiques de produits de santé naturels ont vu le jour en si grand nombre au courant des dernières années. Mais qui sont donc ces nouveaux conseillers en produits naturels? Quelle formation détiennent-ils? Connaissent-ils réellement les risques, les précautions, les bienfaits de ces substances? Il est pertinent de se poser la question! Enfin, c’est pourquoi les pharmaciens devraient acquérir des connaissances en la matière pour conseiller des produits en lesquels ils ont confiance et qui relèvent de leur champ d’expertise. Ceci dit, les autres professionnels de la santé y trouvent également leur compte, puisqu’une telle formation élaborée leur permet de faire le pont entre la science dure ainsi que les nouvelles attentes des patients. Il s’agit nécessairement d’un atout.

Actuellement, quel est l’intérêt des professionnels de la santé au sujet des PSN?

Je ne pourrais dire que tous les professionnels de la santé sont ouverts aux produits de santé naturels, mais je peux certainement affirmer que plusieurs d’entre eux le sont. Évidemment, tout dépendant des professions et de la spécialité, l’intérêt porté aux produits de santé naturels peut grandement différer. Si je prends par exemple une infirmière travaillant aux soins intensifs, je doute qu’il lui soit nécessaire de développer une expertise dans le domaine. Par contre, une infirmière faisant de l’enseignement pour le diabète y verra plus d’avantages à s’y intéresser, notamment en ce qui a trait à la compatibilité d’un médicament et d’un produit de santé naturel. À ce sujet, certains médecins trouveront également pertinent de développer cette compétence dans le but ultime de guider et soutenir leurs patients dans leurs démarches thérapeutiques.

Les produits de santé naturels sont-ils toujours complémentaires aux médicaments, ou parfois suffisent-ils à eux seuls?

Évidemment, cela dépend de ce dont il est question. Dans le scénario où un patient arrive en pharmacie avec une prescription pour le cholestérol et refuse qu’on lui administre un médicament, il faut pouvoir lui proposer des options. Ainsi, la solution ici serait probablement axée sur une approche intégrée. On établirait alors un plan de traitement où, par exemple, des produits de santé naturels, une diète stricte ainsi que de l’exercice physique feraient partie des recommandations. Dans toutes situations, l’important est de comprendre les attentes et besoins du patient. Ceci dit, il faut faire preuve d’ouverture d’esprit, puisque sinon le patient ne tardera pas à aller voir ailleurs pour rechercher un autre avis. Ainsi, lorsque l’on détient la connaissance, il est possible d’offrir une réponse qui plaira au patient, en plus d’agir de manière responsable en ce qui a trait à sa médication.

Enfin, en quoi consiste cette formation continue? 

Cet automne, c’est le lancement du grand cours! La formation aura pour objectif de développer l’expertise des professionnels dans le but de leur donner des outils d’une part pour conseiller un patient, et d’autre part pour développer un service de consultation en pharmacie. En effet, un peu partout au Québec, nous retrouvons des naturopathes qui chargent pour des consultations. Qu’en est-il de leur formation et de leur expertise? Devant cette réalité, les professionnels de la santé n’ont-ils pas dès lors un devoir éthique de s’intéresser, du moins, aux produits de santé naturels afin qu’ils soient en mesure d’offrir un service de consultation privée? Ce service novateur prendrait alors en charge la globalité du plan de traitement d’un patient de A à Z.

La formation, d’une durée de quatre fins de semaine, couvre des thématiques spécifiques et variées permettant au professionnel d’acquérir un éventail de connaissances dans le domaine. Enfin, il ne s’agit pas simplement d’un cours magistral: nous retrouvons également de la mise en pratique, des cas cliniques, ainsi que des ateliers cliniques. Lors de cette formation, nous développons à la fois la compréhension et la pratique. 

Monsieur Dionne… un petit mot en terminant?

Il faut retenir que ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est sans danger. Ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est un produit de santé naturel approuvé par Santé Canada. Ce n’est pas parce que c’est un produit approuvé que c’est un produit efficace! C’est ce que l’expertise nous apprend. Elle nous apprend à nous positionner et à argumenter.

Pour plus d’information concernant la formation continue, visiter le lien suivant : http://www.apothicaire.ca/fr/

 

// Par Noémie Desbois Mackenzie­




Santé naturelle

Close comments
3 commentaires

André Perreault (Pharmacien)

01-10-2014

Un petit message pour Mme Lamontagne,
Je suis un pharmacien propriétaire, j'exécute dans ma pharmacie plus de 250,000 ordonnances par année, et mon chiffre d'affaire dans cette seule catégorie se situe entre 8 et 9 millions de dollars par année. Malgré tout, j'assisterai aux formations données par M. Dionne, et j'espère y acquérir une meilleure connaissance et une plus grande compétence par rapport aux produits naturels, tout simplement au bénéfice de mes patients qui me posent des questions à leur sujet. Je ne connais aucun pharmacien qui songerait à délaisser sa profession de pharmacien pour voler la job des naturopathes, et je ne crois pas que vous devriez vous inquiéter à ce sujet. Nous sommes simplement des professionnels conscients que plusieurs produits naturels ont une réelle activité médicinale, et leur connaissance pour nous n'est qu'une corde de plus à notre arc, rien de plus.
Ne craignez rien, nous n'avons pas l'intention de vous voler votre clientèle, la nôtre nous suffit amplement quand je vois les lignes d'attente devant mon comptoir de prescriptions...
Bien à vous,
André Perreault
Pharmacien propriétaire


Jean-Yves Dionne

23-09-2014

Bonjour Mme Lamontagne,
Merci pour votre commentaire. Vous ciblez directement la polémique. Si vous me suivez depuis un certain temps, vous savez que ma position est celle du milieu, ou, comme je le dis souvent, sur la clôture entre les deux médecines. De plus, je ne suis l’apôtre d’aucune association, ni sous l’égide du Big Pharma. Allez voir mes différents billets sur mon blogue Franchement Santé www.jydionne.com pour vous en convaincre.
Concernant la compétence des naturopathes :
Au Québec, contrairement à 7 autres provinces canadiennes, les naturopathes ne sont pas reconnus. Pourquoi? Les raisons sont nombreuses et le blâme peut se distribuer de part et d’autre. Mais le fait de ne pas être reconnus nous mène à une dure réalité. D’un côté, il y a, comme vous l’avez justement écrit, des naturopathes très compétents, des personnes qui ont investi dans une formation solide et rigoureuse, mais non reconnue. Je n’ai aucun problème à recommander ces naturopathes. Je l’ai d’ailleurs fait à plusieurs reprises.
De l’autre côté, la non reconnaissance des naturopathes ouvre la porte à tout et à n’importe quoi. Ainsi, qu’est-ce qui distingue un naturopathe compétent d’un ND qui n’a d’autre formation qu’une fin de semaine d’initiation à une approche quelconque? Ces derniers peuvent devenir membre de l’Académie des Naturopathes et Naturothérapeutes du Canada et, tout comme les premiers, fournir à leurs clients des reçus remboursables par les assureurs privés. Pourtant, ces mêmes personnes ne sont encadrées par aucun organisme et ne sont soumises à aucune supervision. C’est à ceux-là que je faisais allusion dans la phrase que vous citez.
Je reconnais les efforts de la Guilde des herboristes, de l’Association des naturopathes agréés du Québec et de bien d’autres dans le but de créer un curriculum et une reconnaissance officielle de leur profession et je serai le premier à me réjouir s’ils y parviennent. Mais pour l’instant, la disparité des compétences des naturopathes est très réelle.
Je suis désolé si mon commentaire vous a paru impliquer que tous les naturopathes n’étaient pas compétents. Ce n’était vraiment pas ma pensée.
Concernant les « grands frais » de mes cours :
Si je vous lis correctement, vous n’êtes pas d’accord avec le prix chargé pour les cours de l’Académie de l’Apothicaire. Si je veux être cohérent (et si vous voulez l’être dans votre logique), je dois être indépendant. Je ne peux pas être à la solde du Big Pharma, comme vous le dites. Donc, pour développer cette formation, ce que je fais depuis des années, je suis dans l’obligation de gagner ma vie, donc de charger à l’utilisateur. Sachez également que je donne des formations avec grand plaisir aux naturopathes.
Concernant l’intérêt des professionnels de la santé :
Vous dites aussi que « les professionnels s’arrogeront la connaissance de ces produits aux dépends des naturopathes, herboristes et autres soignants en médecine naturelle. […] le créno devient payant et l’envie de se l’approprier aussi. » Si je vous comprends bien, vous considérez que l’intérêt des professionnels pour les PSN découle principalement d’un attrait pécuniaire. Ici, je vous rassure, ce n’est pas du tout ce que je constate dans mes cours.
L’objectif de mes formations :
Je prône depuis toujours l’intégration des différentes médecines (lisez à ce sujet http://www.jydionne.com/le-continuum-sante-selon-jean-yves/), et c’est le but de mes formations. J’y offre un point de vue différent, pragmatique, documenté et indépendant à propos des produits naturels et de la médecine fonctionnelle. N’êtes-vous pas d’accord de donner au consommateur le choix du professionnel qui le conseillera dans l’usage des produits de santé naturels et dans sa démarche santé ? Ne croyez-vous pas que les professionnels de la santé, avec une formation clinique adéquate, peuvent faire le pont entre les deux médecines, comme le pharmacien que je suis le fait ?
Respectueusement,
Jean-Yves Dionne, pharmacien éclectique.


Rose-Lise Lamontagne

22-09-2014

Que les professionnels de la santé aient une ouverture et des connaissances appropriées concernant les PSN d'accord, ce serait grandement souhaitable car on part de loin dans ce domaine: peu d'ouverture, incrédulité, quand ce n'est pas un certain mépris face à ces produits et aux personnes qui les utilisent. Ce qui est dommage c'est que dans cette article (publicité), VOUS avez cette attitude ". En effet, un peu partout au Québec, nous retrouvons des naturopathes qui chargent pour des consultations. Qu’en est-il de leur formation et de leur expertise?". Ainsi, cette innocente question vient mettre en cause la crédibilité de ces personnes ayant diverses formations souvent élaborées, sérieuses et très coûteuses mais qui n'appartiennent pas au monde médical professionnel comme tel et qui n'ont aucun lien avec Big Pharma. Avec 4 petites fins de semaine à grands frais, les professionnels (qui ont les moyens de se payer ça et qui peuvent le déduire de leurs impôts) s'arrogeront la connaissance de ces produits aux dépends des naturopathes, herboristes et autres soignants en médecine naturelle. Bien sûr que l'intérêt est là, la population se tourne de plus en plus vers les médecines naturelles et les scandales de l'entreprise pharmaceutique y sont pour beaucoup. Alors le créno devient payant et l'envie de se l'approprier aussi. Non, jusqu'Ici je vous suivais dans vos articles mais là, vous me décevez beaucoup!



Commenter l'article

*Champs obligatoire


+ Populaires + Commentés
pommade du Dr Nweman

[ Allaitement ] La crème « tout usage » du Dr Jack Newman : un traitement miracle ?


téterelle allaitement

La téterelle et l'allaitement : pourquoi, quand et comment?


descente d

Prévenir la descente d’organes à la suite de l’accouchement


La massothérapie

Les secrets de la massothérapie


blanchiment des dents

Le blanchiment des dents : bien plus qu’une procédure esthétique!


La profession d’ATP : en constante évolution!


Article suivant

Revue de presse santé

Trop de gens se rendent inutilement à l'urgence, selon un rapport