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2013-09-05  |  

Et si nos enfants étaient surmenés?

électroencéphalogramme quantitatif

Il y a bientôt 11 ans que je pratique le neurofeedback et que j’utilise l’électroencéphalogramme quantitatif comme technique de neuroimagerie cérébrale.

Depuis environ 3 ans, on a vu apparaître un nouveau profil neuroélectrique anormal chez les enfants et les adolescents qui, jusque-là, était quasi inexistant. En effet, comparé à la base de données normative, on voit de plus en plus souvent des excès significatifs d’une bande de fréquence comprise entre 12 et 15 Hz de façon diffuse dans le cerveau des jeunes. Habituellement, ce profil s’accompagne sur le plan symptomatique d’une espèce de fébrilité, d’une agitation motrice, ou encore d’une agitation intérieure, voire même d’anxiété.

Surmenage version électroencéphalogramme quantitatif

Pourtant, historiquement, cette bande de fréquence, qu’on appelle le rythme sensorimoteur lorsqu’elle est produite par le cortex sensorimoteur, a été associée à de bonnes capacités d’inhibition motrice et cognitive. C’est une bande de fréquence qui est même entraînée à la hausse chez les athlètes, car elle favorise ce fameux état tant recherché qu’on appelle « la zone » et qui correspond en fait à une grande présence d’esprit. Mais voilà que tout à coup, de plus en plus de jeunes ont beaucoup trop de 12 à 15 Hz dans leur cerveau!

Des enfants de plus en plus stressés

Loin de penser pouvoir expliquer les raisons qui sous-tendent cette anomalie, en comparant les enfants du début des années 2000 à ceux d’aujourd’hui, une chose m’a sauté aux yeux : les enfants qui me consultent sont de moins en moins sereins, qu’ils aient 6 ou 16 ans. Ils sont inquiets quant à leur réussite scolaire, quant à leurs relations interpersonnelles, par rapport à leur performance dans leurs activités parascolaires, s’inquiètent de ce que leurs parents vont dire; bref, les petites inquiétudes ponctuelles font de plus en plus place à un trouble anxieux bien structuré chez de plus en plus de jeunes dans ma pratique clinique. Aux États-Unis, un rapport publié en mai 2013 par le « Centers for disease control and prevention » mentionnait effectivement que les problèmes de santé mentale chez les jeunes ont augmenté depuis 2005, y compris pour les troubles anxieux. Malheureusement, ce constat n’était pas accompagné d’explications en lien avec cette augmentation.

Toujours plus…

Cette situation est préoccupante et m’a amenée à me demander si le rythme de vie des jeunes et de leurs parents n’excédait tout simplement pas la capacité d’adaptation de la majorité d’entre eux. Et si ça allait trop vite, trop souvent, trop longtemps? Faire plus, faire mieux et plus vite, ça vous dit quelque chose? Et si le cerveau de ces enfants était en train de nous lancer un message du type : « arrêtez, je n’en peux plus! »?

La plupart du temps, quand les gens nous consultent pour leurs enfants, ils le font en raison de difficultés d’attention chez leur jeune. Chaque fois, un électroencéphalogramme quantitatif est réalisé ainsi que des tests d’attention. Si l’enfant évalué présente un excès diffus de 12 à 15 Hz, invariablement il présente les caractéristiques mentionnées plus haut. Son entraînement en neurofeedback consistera alors à réduire ces excès, mais, jusqu’à maintenant, on constate que ces anomalies sont les plus difficiles à corriger.

Prendre le temps de prendre son temps

Quand je parle avec ces jeunes, il me vient toujours la même image : on dirait des élastiques sur lesquels on tire dans tous les sens. Pour éviter que ces élastiques ne se rompent, il me semble important que, comme parents, on revoie notre horaire et celui de nos enfants et qu’on réévalue leur réalisme. Si un jeune de 10 ans va dans une école privée, voit un tuteur 2 soirs/semaine pour garder le rythme en classe, qu’il a du hockey 2 autres soirs avec une pratique le samedi, est-ce vraiment important qu’il apprenne aussi le piano? J’exagère, vous pensez? Cet exemple est tiré directement de ma clientèle!

Cet engrenage où la performance est reine semble avoir eu notre main, mais il est plus que temps de réagir avant que tout notre corps (et notre esprit) n’y passe. Réagissons! Le bonheur et la paix d’esprit sont en vue.

Par Johanne Lévesque,
neuropsychologue chez Neurodezign




Développement de l'enfant | Neurofeedback

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