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2016-06-12  |  

La douleur : les causes et comment s'en sortir

soigner douleur

Ressentir un inconfort à la nuque depuis plusieurs années ou souffrir de douleurs lombaires tenaces peut s’avérer très incommodant et avoir plusieurs impacts négatifs sur notre qualité de vie.

Heureusement, la neuroscience a fait des progrès extraordinaires dans les dernières années pour nous permettre de mieux comprendre et traiter la douleur directement. Le premier traitement se passe rapidement et gratuitement, car une meilleure compréhension des mécanismes de la douleur peut en soi diminuer considérablement les symptômes (1, 2).

La douleur, comme n’importe quel autre sens d’ailleurs, est une donnée « sortante », et non une donnée « entrante ». Nos nocicepteurs, ces mécanorécepteurs responsables de détecter les dangers environnants, lorsqu’ils sont sollicités, envoient des signaux vers la moelle épinière. L’information est ensuite interprétée par le système nerveux central après avoir été modulée à la hausse ou à la baisse par différents facteurs d’ordre somatique, psychologique et social. Voici une liste des facteurs pouvant influencer notre perception de la douleur :

  • Signaux nociceptifs
  • Expériences passées
  • Facteurs culturels
  • Environnement social
  • Attentes face aux conséquences des dangers et de la douleur
  • Croyances, savoir et logique

Comme nous le rapporte le chercheur VS Ramachandran, la douleur est une opinion de notre organisme sur sa santé. Plus une douleur est chronique, moins la corrélation entre le dommage fait aux tissus (muscles, ligaments, tendons, fascia, os, etc.) et la douleur est claire. Autrement dit, la douleur est à 100 % dans la tête et vous comprendrez rapidement pourquoi c’est une bonne chose.

Ça nous permet d’abord de mettre aux poubelles toutes les explications biomécaniques et structurelles désuètes qui n’expliquent pas les causes de la douleur. Voici quelques exemples :

  • Une hyperlordose, un dos plat ou un cou militaire (3, 4)
  • Une jambe plus courte que l’autre (5)
  • Un nerf coincé
  • Une arche du pied effondrée ou un pied en pronation (6)
  • Une faiblesse ou un déséquilibre musculaires (7, 8)
  • Un mauvais alignement de la patella
  • Un mauvais alignement ou un déséquilibre dans notre colonne vertébrale ou dans notre articulation sacro-iliaque
  • Une scoliose
  • Une mauvaise posture
  • Des tensions musculaires ou des structures tendues
  • Un mauvais fonctionnement de la ceinture scapulaire (9)
  • Un blocage du QI ou tout autre concept préscientifique

Si le mal dure depuis déjà plusieurs mois, il ne faut pas trop s’en faire avec l’état des tissus. La confiance en son corps et en sa capacité de guérir est un facteur clé (3). Peu importe s’il y a ou non des dommages mécaniques, notre corps est fait pour guérir. Ceci dit, il faudra possiblement identifier et retirer les éléments qui déclanchent notre douleur, et adopter certaines habitudes qui la soulagent.

Peut-être ne savez-vous pas par où commencer ? Plusieurs personnes ont besoin d’aide et c’est pourquoi il existe une grande diversité de professions dans le monde de la réhabilitation (masso, physio, ostéo, chiro, kinésio, etc.). Parce que la plupart des professionnels d’aujourd’hui diversifient leur pratique avec une grande variété de modalités thérapeutiques communes aux autres professions, je recommande habituellement de choisir un individu plutôt qu’un titre. Voici quelques points pouvant aider à faire un choix.

  • Sauf pour quelques exceptions, les traitements ou exercices ne devraient pas être douloureux. La douleur peut engendrer plus de douleur et faire plus de mal que de bien.
  • La nature du traitement (massage, mobilisation, manipulation, étirement, etc.) n’est pas si importante. Généralement, on souhaite bombarder le système nerveux central de stimuli non agressants et on l’habitue à une nouvelle amplitude et variété de mouvements sans douleur. Les ajustements, ça n’existe pas !
  • Une partie des séances devrait être dédiée à parfaire l’éducation sur la douleur et à valider la compréhension du patient.
  • Le plan de traitements ne devrait pas être conçu de séances complètement passives, couché sur une table thérapeutique ou par terre sur un futon. Si les approches passives peuvent être un excellent point de départ ou un très bon complément aux approches actives, ces dernières ont un effet beaucoup plus durable (10). Le mouvement, c’est la clé !

Les professionnels font toujours de leur mieux, mais la plupart d’entre nous sommes surtout formés pour traiter l’aspect somatique de la douleur et nous laisserons souvent de côté les aspects psychosociaux. Si le patient vit une situation difficile à la maison ou au travail par exemple, cette dernière est possiblement plus liée à la douleur qu’un quelconque dommage structurel. C’est pourquoi beaucoup de thérapeutes manuels travaillent aujourd’hui de pair avec des psychologues et des psychothérapeutes qui sont parfois dans une meilleure position pour aider le patient à guérir complètement.

Par Frédéric Barbe
Massothérapeute spécialiste du mouvement

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Douleur chronique

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