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2013-11-27  |  

La méditation contre la douleur chronique

méditation et douleur chronique

L’association des personnes vivants avec la douleur chronique nous présente ce mois-ci Gisèle Cossette, naturothérapeute et coach de vie, pour qui la méditation est un élément clé pour toute personne souffrant de douleurs chroniques.

Comment décrivez-vous la méditation de pleine conscience ?

La méditation de pleine conscience est une forme de méditation qui vise à encourager et développer l’observation et l’accueil des sensations, émotions, pensées au quotidien sans jugement, avec bienveillance et compassion. 

Qui peut enseigner ce type de méditation ?

Une personne qui a une pratique de méditation établie selon cette approche.

Comment la méditation de pleine conscience peut-elle aider les gens souffrant de douleur chronique?

Dans un premier temps, la méditation de pleine conscience permet aux participants de se centrer sur la respiration, ce qui a souvent pour effet de calmer l’agitation intérieure.  Dans un deuxième temps, les participants apprennent à se concentrer sur chaque partie du corps, tout en respirant, puis à observer et accueillir les diverses sensations sans jugement et avec bienveillance. Cet exercice de balayage corporel est particulièrement apprécié des personnes vivant avec la douleur chronique. Elles apprennent progressivement à apprivoiser ce qui est. Mentionnons que le travail de la respiration est au cœur de toute pratique méditative tout comme dans le yoga; on connaît d’ailleurs les bienfaits de la respiration, dont le fait de calmer le système nerveux et de ramener la personne en cohérence cardiaque. 

Qu’est-ce qui vous a amenée professionnellement et personnellement à travailler avec l’APVDC ?

Je pratique le métier de naturothérapeute et coach de vie depuis 2008. J’ai rencontré M. Christian Picard, directeur de l’APVDC, dans le contexte d’une conférence sur la méditation de pleine conscience que j’ai donnée pour CAP Santé Outaouais lors d’une Journée du mieux-être en février 2013. Après discussion, nous avons convenu d’offrir une soirée conférence lors de laquelle les participants vivraient l’expérience de la méditation de pleine conscience, puis d’offrir une série d’ateliers sur la méditation aux membres de l’APVDC ainsi qu’aux associations liées. Deux groupes de participants ont suivi une première session de 8 semaines au printemps 2013.

Dans le passé, j’ai pratiqué d’autres formes de méditation. Puis j’en suis venue à la méditation de pleine conscience au cours de ma formation en coaching. Ainsi, je pratique cette forme de méditation depuis 2007. La pleine conscience m’aide à accepter avec bienveillance et compassion mes propres pensées, émotions, douleurs et à sortir du « pilote automatique » ou des pièges du mental. J’abandonne plus facilement le jugement de moi-même et du monde extérieur. J’ai plus de compassion pour les gens autour de moi et envers moi-même. J’apprends à accueillir et accepter ce qui est, à abandonner le désir de contrôler et la résistance pour vivre un peu plus dans le moment présent, instant après instant.

Mon expérience personnelle de la méditation et de ses bienfaits me porte à vouloir faire connaître et partager cette approche avec toute personne ouverte et réceptive. 

Quelles sont, selon vous, les valeurs fondatrices de l’APVDC ?

 L’APVDC se donne pour mission d’offrir des outils et services concrets à ses membres afin qu’ils puissent mieux vivre avec la douleur au quotidien. 

Comment se déroulent vos rencontres avec les membres de l’APVDC ?

Les rencontres se déroulent sur un modèle similaire d’une semaine à l’autre : exercice de respiration, exercice du balayage corporel, exploration d’un thème précis de méditation, puis méditation guidée ou en silence. 

Il a été très intéressant d’observer un changement concret et tangible chez les participants au cours d’une même rencontre de même qu’au fil des semaines : un calme et une sérénité s’installent sur les visages et une détente, dans les corps. Les simples exercices de respiration et le balayage corporel ont un profond impact positif chez eux.  Certains participants ont avoué que c’était un merveilleux outil à pratiquer au quotidien; ça amène une plus grande tolérance face à la douleur, ainsi qu’une acceptation et un détachement, sachant que la douleur est souvent temporaire, transitoire. Le partage au début et à la fin des rencontres, sur la prise de conscience des participants qui adoptent une pratique quotidienne, constitue un excellent témoignage de la valeur de la méditation.

En outre, les méditations guidées sont grandement appréciées des participants. L’exploration des divers thèmes de méditation permet également aux participants de développer l’observation et l’accueil des sensations du corps, des pensées, des émotions, des sons qui les entourent. La méditation en marchant et les exercices de mouvements lents et doux plaisent aussi à de nombreux participants. 

Quel message voudriez-vous transmettre aux personnes atteintes de douleur chronique?

Je veux transmettre un message d’espoir à toute personne vivant dans la douleur : la méditation peut contribuer de façon importante à la réduction du stress et de l’anxiété et, par le fait même, réduire la douleur. 

Quels résultats avez-vous pu observer chez des personnes atteintes ?

Pour les participants qui ont respecté l’engagement envers eux-mêmes, de très grands bienfaits ont été observés. Ils ont été en mesure de constater et de sentir ces bienfaits. De plus, les personnes autour d’eux ont également remarqué des changements d’attitude et d’humeur par exemple. Une participante a dit que sa fille ne la reconnaissait plus en raison de son grand calme! Un autre participant s’est vu accepter l’intensité de ses douleurs avec plus de sérénité et moins de douleur. Tous les participants ont noté et mentionné des changements positifs à divers degrés.

À quelle fréquence est-il préférable de pratiquer la méditation de pleine conscience ?  

Idéalement, on pratique la méditation tous les jours. Au début, on la pratique pour de courtes périodes de temps, question d’apprivoiser le fait de rester immobile quelques minutes. On commence simplement par respirer et l’on reste centrer sur sa respiration.  Puis, on augmente progressivement la durée de la pratique. Au même titre qu’une activité physique, une pratique assidue et régulière est nécessaire. Remarquez bien les jeux du mental, nous résistons souvent à mettre en pratique ce qui nous fait du bien.        

Quels sont les avantages de pratiquer la méditation régulièrement pour une personne vivant avec la douleur chronique?

Les effets se font remarquer au fur et à mesure que la personne pratique au quotidien.  Le fait de se concentrer sur la respiration aide aussi bien à calmer le mental que le physique : comme mentionné précédemment, du point de vue de la physiologie, la respiration calme le système nerveux ce qui est bénéfique à tous les plans. En plus d’une meilleure oxygénation, cela aide à pouvoir penser plus clairement. Encore une fois, la méditation de pleine conscience aide la personne à développer l’observation de ses pensées, de ses émotions, de ses sensations (douleurs ou autre) et à accueillir ce qui est avec amour, bonté, compassion et douceur.  Grâce à la méditation de pleine conscience, les personnes apprennent à sortir progressivement du « pilote automatique » et à apprivoiser l’ordinaire, le quotidien et l’inconfort de la vie sachant que rien n’est permanent et que seul le moment présent existe. Un nouvel espace se crée pour accueillir ce qui est; une relation « d’amitié » avec soi-même et la vie devient alors possible.

Comment une personne souffrant de douleurs chroniques peut voir si ce type de méditation est un outil pour soulager sa condition?

Elle doit en faire l’expérience elle-même pendant une certaine période de temps.  Essayer une seule fois n’est peut-être pas réaliste ni garant de résultat éclatant. La transformation se fait au fil des jours, c’est pourquoi on parle d’une « pratique de méditation ». Comme toutes autres activités qui exigent le développement d’une habileté, il faut y consacrer du temps et s’y engager activement et avec détermination.  Envisageons la méditation comme « un acte radical d’amour envers soi-même » pour citer Jon Kabat-Zinn, fondateur de la clinique de réduction de stress à l’université du Massachussets.

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Gisèle CossetteGisèle Cossette
Naturothérapeute et coach de vie

Diplômée en arts et en éducation, Gisèle Cossette fait un changement de carrière après 20 ans dans l’enseignement. Elle pratique la naturothérapie et le coaching depuis 2008. Passionnée de l’humain et du mieux-être, elle anime des ateliers de méditation de pleine conscience, de communication consciente, de réduction de stress et de PNL. Elle est membre de l’Association Nationale des Naturopathes (ANN). 

 

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