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2016-07-12  |  

Le neurofeedback et le TDA(H)

TDAH et neurofeedback

La prévalence du trouble déficitaire de l’attention (TDA) chez les enfants  âgés entre 4 et 18 ans se situe entre 5 et 12 %. Ces jeunes présentent des symptômes d’inattention et, parfois, un manque de contrôle moteur (TDAH).

Le traitement recommandé pour améliorer la condition de ceux-ci inclut souvent la médication si les effets secondaires ne sont pas trop importants, mais il ne devrait pas se limiter à cette seule intervention. En effet, depuis le début des années 2000, il a été démontré que les enfants pour qui le trouble déficitaire de l’attention a eu le moins d’impacts négatifs sont ceux qui ont aussi bénéficié d’autres interventions. Par exemple, l’entraînement aux habiletés sociales pour les enfants et l’entraînement aux habiletés parentales pour leurs parents sont souvent des interventions qui favorisent l’épanouissement de ces jeunes. Parfois, une psychothérapie réalisée avec un psychologue utilisant une approche cognitivo-comportementale peut également s’avérer utile.

Le neurofeedback dans le traitement du TDA(H)

Le neurofeedback s’inscrit dans cette approche multimodale visant la réduction des symptômes des jeunes aux prises avec un TDA ou un TDAH. En effet, depuis les travaux de Barry Sterman à la fin des années ’60 montrant que l’entraînement du rythme sensorimoteur (12 à 15 Hz) au niveau du cortex sensorimoteur augmentait le contrôle moteur chez l’humain, d’autres études ont reproduit les résultats du Dr Sterman. En 2009, une méta-analyse portant sur l’impact du neurofeedback chez des jeunes ayant un diagnostic de TDA ou de TDAH a montré que cette approche réduisait de façon significative l’hyperactivité ou l’impulsivité et améliorait de façon significative l’attention.

Au fil du temps, les moyens technologiques s’étant raffinés, il a été possible de mettre en évidence différents profils d’anomalies neuroélectriques liées au TDA ou au TDAH. En effet, l’utilisation de l’électroencéphalographie quantitative (EEGq) à 19 canaux et le développement d’une base de données normative au début des années ’80 a permis de constater que, la plupart du temps, les symptômes du TDA ou du TDAH sont associés à la présence excessive d’ondes très lentes appelées ondes thêta (bande de fréquence allant de 4 à 8 Hz) dans la région frontale et/ou centrale du cerveau. Cet excès d’ondes lentes est souvent associé à une carence d’ondes rapides appelées ondes bêta (bande de fréquence allant de 12 à 20 Hz) aux mêmes endroits. Ce profil est le plus fréquent, mais il n’est pas le seul à être associé à un manque d’attention ou de contrôle moteur.

Pour cette raison, l’élaboration d’un protocole d’entraînement en neurofeedback doit toujours commencer par une évaluation minutieuse des anomalies neuroélectriques de la personne sur le plan quantitatif. Chaque personne étant unique, les anomalies qu’on retrouve, bien que semblables, peuvent différer légèrement. Une fois que ces anomalies sont identifiées et que les difficultés d’attention ont été bien évaluées, elles aussi, à l’aide de différents tests cognitifs, le protocole d’entraînement est élaboré et l’entraînement peut débuter.

Comment se déroule une séance de neurofeedback?

De façon concrète, un entraînement en neurofeedback se déroule de la façon suivante. La personne est reliée à un appareil d’entraînement à l’aide d’une électrode placée à chaque oreille et une autre sur la tête. Cet appareil est lui-même relié à un ordinateur. À l’écran de cet ordinateur, la personne voit une animation qui est associée à une des anomalies neuroélectrique que l’on veut corriger dans son cerveau. C’est son feedback visuel. La personne porte également des écouteurs avec lesquels elle entend une chanson de son choix. La chanson peut être associée à une autre anomalie que l’on veut également corriger via l’entraînement en neurofeedback. C’est son feedback auditif. Grâce à ces deux feedbacks, la personne est renseignée en temps réel sur ce qui se passe dans son cerveau en lien avec les anomalies neuroélectriques à corriger. Le but de l’entraînement est d’abord d’apprendre à contrôler les ondes cérébrales en question pour ensuite les corriger. Quand on dit corriger, ça veut dire d’en diminuer ou d’en augmenter l’occurrence ou l’intensité. Pour ce faire, la personne est guidée par un entraîneur qualifié, qui l’amène à travers différentes stratégies à acquérir le contrôle voulu sur ses ondes cérébrales et à corriger la situation.

En cours de route, l’EEGq est refait afin d’ajuster le protocole d’entraînement au fur et à mesure que les anomalies neuroélectriques se résorbent dans le cerveau pour favoriser la plus grande efficacité possible de ce processus. À la fin de l’entraînement, une réévaluation des habiletés attentionnelles et du contrôle moteur est refaite, afin de mesurer le progrès de l’individu. Un EEGq sera également refait une dernière fois.

Une approche multimodale…

À travers le monde, les praticiens en neurofeedback n’élaborent pas toujours leurs protocoles d’entraînement à partir de l’EEGq à 19 canaux. Certains utiliseront les protocoles pour lesquels des études ont été publiées montrant une efficacité clinique. Bien qu’il soit parfois possible d’obtenir des résultats satisfaisants en procédant de cette façon, nous préférons privilégier une approche individualisée et une évaluation approfondie de chaque personne. Notre approche s’inscrit dans un processus multimodal et peut se combiner à tout autre moyen jugé pertinent pour aider le jeune, que ce soit la médication, l’éducation spécialisée (habiletés sociales et parentales) ou encore la psychothérapie.

Que pensez-vous de l’approche multimodale comme solution pour traiter diverses problématiques?




Développement de l'enfant | Neurofeedback

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