logo Pharmablogue



2015-09-16  |  

Le pharmacien en oncologie : un incontournable!

communication et santé

Le cancer se produit lorsqu’une cellule du corps se multiple anormalement en mode accéléré de façon anarchique. Ce principe est derrière le fondement de tous les cancers (sein, poumon, prostate, côlon, etc.).

On connaît tous un proche qui est, ou a été, atteint du cancer. On estime qu’environ deux personnes sur cinq seront atteintes d’un cancer au cours de leur vie, et qu’une sur quatre en mourra. Selon les statistiques de l’année 2012 de la Société canadienne du Cancer, le cancer constitue la principale cause de mortalité au Canada. On s’attend à une augmentation du nombre de nouveaux cas principalement en raison de l’accroissement et du vieillissement de la population. Cela pose plusieurs défis pour notre système de santé !

Tel que mentionné dans un article précédent, le pharmacien exerce sa clinique dans plusieurs secteurs, dont l’oncologie. Nous sommes présents dans toutes les cliniques externes en oncologie au Québec. Afin d’assurer un service de qualité, le nombre de pharmaciens sur place peut varier d’un à cinq selon le nombre de patients traités par jour.

Que faisons-nous devant le patient ?

Après qu’un diagnostic de cancer est posé par un  médecin (généraliste ou spécialiste), celui-ci prescrit un protocole qui peut comporter un ou plusieurs agents de chimiothérapie. Ceux-ci sont donnés selon un intervalle et un nombre de cycles précis en fonction du type et du stade du cancer.

Avant les traitements, le pharmacien rencontre le patient afin de mettre à jour la liste des médicaments pris sous ordonnance ou en vente libre. L’analyse du profil pharmacologique nous permet de détecter les interactions, s’il y a lieu, et d’en informer le prescripteur pour convenir d’une conduite à tenir. Par exemple, il est possible que les produits de santé naturels avec un fort effet antioxydant interagissent avec la chimiothérapie en ayant pour effet d’en diminuer l’efficacité.

Dans la majorité des centres hospitaliers au Québec, les médecins ont délégué la prescription des médicaments contre les nausées aux pharmaciens. Selon le potentiel anti-nauséeux de la chimiothérapie, le pharmacien adoptera différentes stratégies en prescrivant différents médicaments.

Le pharmacien est aussi responsable de l’enseignement de la chimiothérapie intraveineuse ou orale donnée à la clinique externe d’oncologie. Seule exception : les patients suivant un traitement de chimiothérapie orale uniquement et dont l’approvisionnement est fait dans une pharmacie communautaire. Le pharmacien effectue les suivis nécessaires des effets indésirables entre les cycles, afin de s’assurer que le patient tolère bien le traitement, et répond aux questions des différents professionnels (infirmières, médecins, pharmaciens d’officine, etc.)

Pendant ce temps, dans l’ombre

Une bonne partie des activités du pharmacien se passent sans que le patient en ait conscience. La validation des traitements et des laboratoires se fait avant que le patient ne reçoive sa chimiothérapie. Une fois le patient mesuré et pesé, la dose de chimiothérapie est recalculée afin de s’assurer que la bonne dose de chimiothérapie a été prescrite selon la surface corporelle (m2), le poids (mg/kg) ou une dose fixe. Selon le contexte clinique, si les laboratoires sont anormaux, il est possible que la dose soit réduite ou le traitement reporté d’une semaine.

Nous procédons aussi à la validation des volumes lorsque les assistants techniques en pharmacie (ATP) préparent la chimiothérapie sous la hotte (par photo ou en temps réel). Le pharmacien est l’un des professionnels les plus impliqués dans la gestion de la clinique externe afin d’améliorer le service au patient (et la rapidité de ce dernier).

En terminant …

Si vous avez des patients dans votre pratique qui ont des traitements en oncologie, n’hésitez pas à rejoindre le pharmacien à l’hôpital afin de poser vos questions ! 

//Par Jean-Philippe Adam, B. Pharm., M. Sc., BCPS
Pharmacien au Centre Hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM)
Courriel : jean-philippe.adam.chum@ssss.gouv.qc.ca




Cancer | Gestion en pharmacie

0 commentaire

Commenter l'article

*Champs obligatoire


+ Populaires + Commentés
pommade du Dr Nweman

[ Allaitement ] La crème « tout usage » du Dr Jack Newman : un traitement miracle ?


téterelle allaitement

La téterelle et l'allaitement : pourquoi, quand et comment?


Probiotiques

Les probiotiques : quand, comment et pourquoi les utiliser?


La massothérapie

Les secrets de la massothérapie


blanchiment des dents

Le blanchiment des dents : bien plus qu’une procédure esthétique!


La profession d’ATP : en constante évolution!


Article suivant

Revue de presse santé

L'Alberta refuse de traiter des enfants épileptiques avec du cannabis médicinal