logo Pharmablogue



2012-08-06  |  

Les pharmaciens attendent le feu vert!

Actualités : Les pharmaciens attendent le feu vert

 

Des salles d’attente qui débordent, des spécialistes qui ne savent plus où donner de la tête, des hôpitaux surpeuplés…ces reproches, adressés au système de santé québécois, ont été maintes fois entendus, discutés, ont fait l’objet de nombreux débats médiatisés et pourtant, l’impression de statu quo demeure. Peine perdue, dites-vous? Et s’il ne suffisait que d’une réorganisation, d’une redistribution des tâches? Et si les pharmaciens pouvaient en faire plus? Ne verrions-nous pas là une solution potentielle à l’engorgement du réseau de la santé au Québec?  

 

Nous avons rencontré Marie-Claude Laliberté, doctorante en sciences pharmaceutiques à l’Université de Montréal, qui s’est penchée rigoureusement sur la question.  

 

 Q : Marie-Claude, d’où t’est venue l’idée de mener une recherche sur l’implication idéale et actuelle du pharmacien dans la prévention des maladies et la promotion de la santé?

R : En fait, dans le cadre de ma thèse de doctorat, je cherchais d’abord à savoir si les pharmaciens désiraient être plus impliqués dans la prévention et la gestion de l’ostéoporose. Puis, en faisant des recherches, je me suis aperçue du potentiel de l’étude en élargissant sa portée à d’autres activités de prévention des maladies et de promotion de la santé. Les pharmaciens voulaient-ils être impliqués davantage dans le réseau de santé? Pouvaient-ils concrètement en faire plus au quotidien? Quelles étaient leurs limites? Ces questionnements m’ont poussée à voir plus loin afin de répondre à un besoin préoccupant en matière de santé au Québec.   

 

Q : Quelle méthodologie avez-vous employée pour réaliser l’étude?

R : Ce sont 2500 pharmaciens communautaires qui ont été sélectionnés au hasard sur la liste de l’Ordre des Pharmaciens du Québec. Ceux-ci étaient invités à répondre à un questionnaire postal. Ces pharmaciens communautaires faisaient tous partie de la grande région de Montréal. Le taux de réponse nous a grandement satisfaits! Au total, 571 pharmaciens ont répondu au questionnaire, ce qui nous donnait une bonne vision d’ensemble et nous a permis de tirer des conclusions intéressantes.

 

Q : Et que pouvez-vous conclure de cette étude?

R : D’abord, les pharmaciens sont conscients de leur expertise et de leurs connaissances en santé. En plus d’être hautement qualifiés, ils inspirent confiance et de ce fait, ils considèrent que leur rôle est important auprès du public. Ils souhaiteraient être davantage impliqués dans la prévention et la promotion de la santé auprès de leurs patients. Toutefois, la réalité ne reflète pas leurs ambitions. En effet, plusieurs obstacles les empêchent d’aller de l’avant, ce qui est désolant.

 

Q : Dans quelles sphères désirent-ils être impliqués précisément?

R : Les habitudes de vie des patients leur tiennent à cœur. Ils aimeraient pouvoir les conseiller et leur offrir un suivi en ce qui a trait à la cessation tabagique, à la promotion de l’activité physique, aux saines habitudes alimentaires ou encore à une consommation d’alcool modérée. Ces professionnels désirent aussi jouer un plus grand rôle dans le dépistage du diabète, de l’hypertension et même en santé sexuelle.

 

Q : Qu’en est-il des obstacles pour arriver à leurs fins?

R : Malheureusement, les pharmaciens sont confrontés à certains obstacles tels que le manque de temps et d’incitatifs financiers, les lacunes reliées à la coordination et à la communication avec les autres professionnels de la santé, le manque de ressources cliniques, etc. Nul doute que ces aspects freinent bien souvent leur ardeur.

 

Q : Marie-Claude, comment alors espérer un vent de changement?

R : Évidemment, la situation est ambiguë et nous constatons qu’elle n’a pas beaucoup  changé dans la dernière décennie. En effet, des données datant de 1999 révélaient  que les pharmaciens exprimaient déjà leur désir d’être davantage impliqués dans la prévention des maladies et la promotion de la santé. Toutefois, de nombreux efforts sont déployés à ce jour pour changer la donne. Nous prenons conscience de l’urgence d’agir, de l’importance de coopérer davantage avec les pharmaciens et de leur déléguer des tâches. Ainsi, le changement se veut timide, certes, mais c’est un pas dans la bonne direction.  

 

L’arrivée de la loi 41 est un exemple pertinent de l’évolution graduelle des mentalités dans le domaine de la santé au Québec. Ainsi, les pharmaciens pourront mettre leur talent et leur expertise à profit, et, espérons-le, concentrer leur énergie ailleurs qu’au renouvellement de prescriptions! Toutefois pour qu’un tel changement soit possible, il faudra miser sur l’entraide et surtout, sur une communication efficace entre les différents acteurs de la santé. Une coordination est essentielle au travail de tous. D’ailleurs, le PharmaBlogue est né de cette problématique : coopérer, échanger et communiquer efficacement. Au fait, que pensez-vous de cette plateforme? N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions et commentaires afin que cet outil soit à la hauteur de vos besoins! 

 

 Par Noémie Desbois Mackenzie

 




Avenir de la pharmacie

0 commentaire

Commenter l'article

*Champs obligatoire


+ Populaires + Commentés
pommade du Dr Nweman

[ Allaitement ] La crème « tout usage » du Dr Jack Newman : un traitement miracle ?


téterelle allaitement

La téterelle et l'allaitement : pourquoi, quand et comment?


Probiotiques

Les probiotiques : quand, comment et pourquoi les utiliser?


La massothérapie

Les secrets de la massothérapie


blanchiment des dents

Le blanchiment des dents : bien plus qu’une procédure esthétique!


La profession d’ATP : en constante évolution!


Article suivant

Avenir de la pharmacie : Les 5 actes

Les 5 actes - Pour vous, pour nous, pour tous