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2016-02-16  |  

Les TDAH et la massothérapie

TDAH et massothérapie

Plusieurs parents d’enfants ayant un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité  (TDAH) se tournent vers d’autres traite­ments que la thérapie comportementale et les médicaments. Pensons par exemple au yoga, à la méditation basée sur la conscience, des modifications du régime alimentaire ou encore la massothérapie.

Nombre de ces approches complémentaires demeurent controversées et il n’est pas recommandé d’y recourir à titre de traitement unique d’un TDAH. Toutefois, il a été démontré que certaines de ces approches sont avantageuses quand elles sont intégrées à un plan général de traitement d’un TDAH. On recommande de consulter le médecin de l’enfant avant d’entamer toute forme de traitement.

Les premières manifestations de l’hyperactivité et des problèmes d’attention débutent généralement tôt dans le développement de l’enfant. Ces manifestations sont souvent visibles avant l’âge de 7 ans et changent avec les années. Par conséquent, il est important de déceler tôt un TDAH. L’évaluation de l’enfant pour identifier le trouble est une tâche complexe et sérieuse qui doit être confiée à des professionnels compétents.

Les inquiétudes des parents, parfois soulevées par le recours à un médicament (tel le Ritalin) pour traiter les jeunes ayant un trouble de déficit de l’attention/hyperactivité, sont partagées par plusieurs intervenants. Il faut prévenir la surutilisation du Ritalin tout en tenant compte du fait qu’une ordonnance médicale est recommandée dans certains cas1.

TDAH et massothérapie

Quelques essais ont tenté de démontrer les bénéfices que pourrait apporter la massothérapie pour soulager les symptômes d’un TDAH. Certains effets positifs ont été obtenus, comme une baisse du degré d’hyperactivité et une meilleure capacité de concentration, une amélioration de l’humeur, du comportement en classe et du sentiment de mieux-être.

Mélissa Boulanger, massothérapeute agréée, est mère de deux garçons ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA), dont un a également un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). C’est d’abord avec ses enfants qu’elle a expérimenté le massage : « Je dois les masser tous les soirs, c’est une demande de mes garçons ! J’en ai un qui fait de l’insomnie et ça l’aide énormément à s’endormir. Pour mon plus jeune, c’est un moyen efficace d’abaisser son niveau d’énergie », précise la massothérapeute.

Qu’est-ce que le TDAH?

D’après les experts, le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) a probablement toujours existé. Il n’a toutefois été décrit cliniquement qu’au début du XXe siècle. Il s’agit d’un syndrome neurocomportemental regroupant des symptômes causant un dérangement important du fonctionnement social, familial, académique ou professionnel de la personne atteinte.

Les comportements liés à cette pathologie doivent se retrouver dans tous les domaines de la vie de l’enfant (pas seulement à l’école) et être présents de façon récurrente et prononcée afin que l’on puisse soupçonner un TDAH. Il est aussi possible de retrouver chez les enfants atteints un ou plusieurs des troubles suivants :

  • troubles oppositionnels avec ou sans provocation ;
  • troubles de comportement ;
  • troubles anxieux ;
  • troubles d’apprentissage.

Mélissa Boulanger masse régulièrement des enfants autistes ayant un TDAH ou un trouble anxieux. « Le massage permet à ces enfants de faire une pause pendant 30 minutes.

Un massage occasionnel est certainement bénéfique pour un enfant ayant des besoins particuliers, mais Mme Boulanger estime que si l’on souhaite obtenir de bons résultats, il faudrait idéalement recevoir un massage de 30 minutes par semaine. « J’ai une jeune fille qui a beaucoup de tics au niveau des yeux. Après son premier massage, sa mère a rappelé à la clinique pour dire que sa fille était allée au restaurant après le massage et qu’elle n’a pas eu de tic de la soirée. Même le lendemain matin, elle était calme. »

Il n’est pas toujours facile de masser un enfant ayant un TDAH. « Il faut de la méthode et être vraiment très créatif. Ça demande une adaptation à chaque enfant, mais j’arrive toujours à trouver une façon pour qu’il puisse relaxer. »

« Le massage se pratique sur un futon posé au sol. L’enfant garde ses vêtements et nous massons sans huile pour ne pas agresser ses sens. Il y a toujours une manière de masser un enfant, même pour ceux qui n’aiment pas les câlins. Il faut trouver la façon de faire même si cela demande de la créativité et une bonne capacité d’adaptation. »

Mélissa Boulanger se spécialise dans la massothérapie pour des enfants qui ont des besoins particuliers. Selon elle, il est important d’être  bieninformé et de connaître le trouble de l’enfant qui reçoit un massage. « La plupart du temps, les parents accompagnent l’enfant pendant le massage. Les parents doivent aussi remplir un bilan sensoriel, c’est-à-dire qu’ils pourront mentionner à la massothérapeute si l’enfant aime être touché, s’il préfère les pressions plus fortes, etc. » C’est à partir de ce bilan que Mme Boulanger adapte son massage.

Le massage apporte aux enfants et adolescents plusieurs bénéfices dont :

  • une meilleure estime de soi et un sentiment de bien-être ;
  • une meilleure concentration et une disponibilité améliorée ;
  • une meilleure gestion de l’anxiété et de la colère.

Des études encourageantes

Des études faites par le Touch Research Institute (TRI) à l’Université de Miami prouvent que des massages sur une base régulière devraient faire partie du traitement de l’anxiété et des TDA/ TDAH. Ces études ont démontré que des adolescents qui recevaient 15 minutes de massage chaque jour étaient beaucoup plus attentifs en classe, se chamaillaient moins et se disaient plus heureux. Le massage régulier des enfants avec un TDAH leur permettrait de mieux percevoir leur corps et ses limites, d’accepter des moments de relaxation comme un état agréable et chercher à retrouver cet état dans leur quotidien. Le TRI rapporte d’autres études où les parents avaient moins recours aux médicaments lorsqu’ils massaient leurs enfants.

Une autre étude tout aussi concluante a démontré les bienfaits de la massothérapie sur des enfants de 7 à 18 ans qui recevaient un massage de 20 minutes, deux fois par semaine : on a constaté un impact immédiat sur leur humeur et sur l’amélioration de leur comportement en classe. De plus, les jeunes ont rapporté se sentir plus heureux.

Offrir des séances de massothérapie aux enfants ayant un TDAH, c’est aussi leur donner l’occasion de se connecter à eux-mêmes et de ralentir leur système nerveux, ce qui se traduira par de meilleures journées à l’école, de meilleures interactions avec leurs amis, leurs professeurs et leurs parents. Plus calmes et attentifs, ils seront habités par un sentiment de bien-être.

(Paru dans Le massager 11 août 2015)

Par la Fédération québécoise de la massothérapie (FQM)

Source:
1. www.msss.gouv.qc.ca/sujets/prob_sante/hyperactivite.php




Développement de l'enfant | Massothérapie

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