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2016-03-18  |  

L’utilisation du code à barres en santé : où est la base de données des GTIN?

code à barres en santé

Malgré différents systèmes de vérification, de validation et de contrôle de qualité, l’improbable et l’exceptionnel se produisent : des pharmaciens servent le mauvais médicament et des infirmières l’administrent!

Pourtant, le code à barres, une technologie simple et accessible, devrait être en mesure de stopper une grande proportion de ces erreurs. Il est dommage de constater que cette technologie n’est toujours pas utilisée à grande échelle dans le cadre des soins de santé. L’administration par code à barres progresse très lentement. Il en va de même des autres processus qui pourraient bénéficier d’une telle technologie.

Pourtant, les choses ont évolué. Les codes à barres sur les produits pharmaceutiques sont présents sur presque tous les produits. Grâce à des initiatives comme le Projet canadien de codage à barres des produits pharmaceutiques, les acheteurs, les grossistes, les groupes d’achat et les fabricants peuvent se référer au « Joint Technical Statement (version II) ». Ce document contient les réponses à toutes leurs questions sur l’utilisation des codes à barres pour les produits pharmaceutiques au Canada.

Nous avons donc des produits avec des codes à barres, mais ceci ne règle qu’une partie du problème.

À la source de n’importe quelle solution logicielle utilisant les codes à barres, il faut une base de données de référence qui fait le lien entre les codes à barres pouvant apparaître sur les différents niveaux d’emballage du produit et la description d’un produit. Cette banque de données n’existe pourtant pas!

Le code à barres est basé sur un numéro unique au produit, le « Global Trade Identification Number » (GTIN). Lorsqu’on scanne un code à barres, on peut en extraire le GTIN. Ce GTIN, combiné à la magie dont les développeurs de logiciel ont le secret, peut contribuer à diminuer les risques pour le patient qui reçoit des soins.

Toutefois, la Base de données sur les produits pharmaceutiques de Santé Canada contient toute l’information nécessaire pour décrire les produits, sauf le GTIN! La Base des données des produits de santé naturels homologués (BDPSNH) souffre du même défaut… pas de GTIN! Il est fort probable que le GTIN d’un produit ne soit pas connu lors de l’enregistrement d’un produit à Santé Canada. Mais l’absence de référentiel pour les GTIN est certainement un frein au développement de logiciels et d’applications visant à diminuer les risques lors de la préparation et l’administration des médicaments.

Comment, alors, obtenir ces précieux numéros? Il y a la façon fastidieuse… à la main, en compilant une liste de codes à barres de produits achetés dans votre établissement. Les grossistes peuvent fournir des listes aussi pour faciliter la tâche. Le problème, par contre, c’est que les patients arrivent parfois à l’hôpital avec leurs médicaments, achetés ailleurs! Il faut les identifier et obtenir l’information clinique sur ces médicaments afin de décider, par exemple, si le traitement doit être poursuivi lors de l’hospitalisation. La référence des achats faits par l’établissement est donc insuffisante.

Ce rapport entre l’achat et l’obtention de l’information est lié à la façon dont les fabricants distribuent leur information. La plupart des fabricants enregistrent la majorité de leurs produits dans un registre, habituellement le ECCnet, le registre de GS1 Canada ou un autre répertoire compatible avec la norme GDSN. Chaque organisation qui souhaite accéder aux informations dans le registre doit demander aux fabricants de partager les données à l’aide d’un mécanisme de demande et de publication prévu dans ces registres. Cette logique est fonctionnelle dans le cadre d’une relation basée sur la vente de produits. Si une compagnie ne veut pas vendre un produit dans un marché, pourquoi publierait-elle ses données aux distributeurs dans ce marché?

Dans le cadre des soins aux patients, la dynamique est bien différente. Nous souhaitons utiliser le GTIN pour améliorer la traçabilité des gestes posés et diminuer les risques. Lorsqu’un code à barres est scanné, il nous faut un minimum d’information, peu importe le lien d’affaire avec le fabricant. Au minimum, il nous faut avoir accès à la description du produit (son nom principalement) et le DIN ou le NPN qui permet de faire un lien avec les bases de données internes à l’établissement ainsi qu’aux bases de données cliniques auxquelles l’établissement est abonné. Sans ce minimum, il est très difficile de développer des applications qui pourront être déployées à large échelle.

Pour corriger la situation, il faut que les fabricants et GS1 se mettent d’accord pour rendre public un minimum d’information sur les produits pharmaceutiques et les produits de santé naturels. Une autre solution serait de créer un site collaboratif qui permettrait de partager et de valider des banques de données de centres qui collectent déjà cette information. Le centre, en soumettant ses paires DIN-GTIN ainsi que ses paires NPN-GTIN, pourrait voir si les autres centres ont fait les mêmes paires. Lorsque les résultats sont confirmés, la paire devient accessible à tous, en téléchargement, gratuitement!

Avez-vous trouvé un moyen de pallier l’absence d’une base de données comportant le GTIN? Avez-vous reporté des projets à cause de l’absence de cette base de données?

Par Denis Lebel
Pharmacien

Retrouvez cet article (publié le 28 août 2013) sur son blogue personnel : Le pharmacien et son remix techno (Un peu de techno, un peu de pharmacie)

 




Avenir de la pharmacie | Technologie en santé

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