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2012-08-15  |  

Où en sommes-nous avec le Pharm.D.?

Actualité pharmaceutique

 

Rencontre avec madame Chantal Pharand, vice-doyenne aux études à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal.

 

Durant près de neuf ans, madame Chantal Pharand et son équipe auront travaillé corps et âme à la préparation et à l’implantation du tout nouveau programme Pharm.D., le doctorat en pharmacie lancé en 2007 par l’Université de Montréal. Le comité mis en place en 2003 aura travaillé durant plusieurs années pour mettre en place un programme repensé de A à Z pour permettre aux étudiants d’être adaptés au marché du travail à la sortie de leur parcours universitaire.

La première cohorte du Pharm.D. étant maintenant arrivée sur le marché du travail; est-ce que ces nouveaux étudiants seront mieux adaptés aux nouvelles réalités de la vie d’un pharmacien ?

Pourquoi la mise en place d’un nouveau programme en pharmacie devenait-elle indispensable au Québec? Historiquement, le baccalauréat en pharmacie était orienté vers le médicament, la pharmacothérapie ainsi que la médication. Durant la dernière décennie, la pratique de la pharmacie a évolué pour se centrer davantage sur le patient ainsi que sur les soins pharmaceutiques, soit l’interaction avec ce dernier. De ce fait, nous observions que le programme ne répondait plus à la réalité de la pratique pharmaceutique. De plus, en 2000, les États-Unis ayant décidé de restructurer entièrement leur programme de pharmacie en créant le Pharm.D., le diplôme québécois n’aurait plus été reconnu chez nos voisins du Sud, autant pour la pratique que pour la poursuite d’études supérieures.

Quelles ont été les modifications majeures apportées au programme ?

Pour la création du programme Pharm.D., nous sommes repartis au point zéro. L’objectif était de repenser un programme basé sur une toute nouvelle vision, une approche par compétences. Ainsi, en premier lieu, nous avons redirigé le programme, qui était basé sur l’acquisition de connaissances, vers un programme appuyé sur l’acquisition de compétences. Après une analyse approfondie des besoins du pharmacien sur le marché du travail, on a déterminé que neuf grandes compétences devaient être acquises et maitrisées pour obtenir le diplôme. Trois de ces compétences sont directement liées à la pratique pharmaceutique, soit les soins pharmaceutiques, le service à la communauté et la gestion de la pratique et des opérations. Les étudiants doivent aussi acquérir six autres compétences transversales, connexes à leur pratique dans le milieu de la pharmacie communautaire, soit le professionnalisme, la communication, le travail d’équipe et l’interdisciplinarité, la pensée critique et le raisonnement scientifique, l’autonomie d’apprentissage ainsi que le leadership. Par la suite, une autre transformation majeure fut de faire passer les cours de style «silo», donnés par un seul professeur, vers des cours intégrés, donnés par une équipe de professeurs possédant des expertises différentes pour établir les liens entre les divers sujets. Pour terminer, les cours magistraux ont été remplacés par des cours favorisant un apprentissage actif de la part des étudiants, développant par le fait même l’autonomie de ceux-ci dans l’apprentissage. Les professeurs ainsi que les nouveaux étudiants ont dû s’adapter à ce nouveau genre de programme. Une autre grande modification a été de faire passer de 142 à 164 le nombre de crédits de cours nécessaires pour obtenir le diplôme en pharmacie. De ce fait, le baccalauréat devenait un doctorat.

Par la suite, selon les bases déjà établies aux États-Unis et d’après les recommandations du Conseil canadien de l’agrément des programmes en pharmacie, nous avons fait passer la durée des stages de 14 à 40 semaines.

Maintenant qu’une première cohorte d’étudiants du Pharm.D. est sortie, quelle est la réaction des étudiants et du milieu de la santé face à ces nouveaux diplômés ?

Les commentaires des étudiants sont très positifs en général. Le programme est très exigeant, mais les étudiants se sentent préparés au marché du travail et sont en confiance. Pour les pharmaciens œuvrant dans le milieu communautaire, l’arrivée de la première cohorte sur le marché du travail fut une agréable surprise. Le niveau d’autonomie et l’amélioration des habiletés de communication de cette cohorte sont accueillis avec beaucoup d’enthousiasme. Les pharmaciens œuvrant en milieux hospitaliers, quant à eux, ignorent encore l’impact de ce nouveau programme sur leurs futurs collègues. Effectivement, les gens désirant travailler en centre hospitalier doivent continuer leurs études durant 16 mois supplémentaires à la suite du Pharm.D. dans le programme de maîtrise en pharmacothérapie avancée. Les premiers diplômés de ce nouveau programme arriveront dans les centres hospitaliers dès janvier 2013.

Après maintenant quatre années d’existence, quelles sont les prochaines étapes pour le Pharm.D. ?

Comme la santé est un milieu qui évolue rapidement, il y aura toujours des améliorations à apporter au programme dans le but de le rendre meilleur et de l’adapter à la pratique. À titre d’exemple, selon les nouvelles tâches évoquées par la loi 41, il sera important de s’assurer que le programme forme adéquatement les étudiants en fonction de ces ajouts à la profession. Un comité est en place pour suivre de façon continue la qualité du programme et pour y apporter des modifications au besoin.

L’interdisciplinarité est un sujet de l’heure chez les associations professionnelles. Les étudiants du Pharm.D. sont-ils prêts à ces ouvertures?

Nous croyons effectivement qu’il est très important que les étudiants s’ouvrent aux autres professionnels de la santé lors de leur passage à l’université. C’est pourquoi, dans plusieurs programmes de la santé à l’Université de Montréal, trois cours de collaboration en sciences de la santé sont obligatoires. En pharmacie, ces cours ont lieu dans les trois premières années du programme. Lors de ces cours, les étudiants répartis en équipes interdisciplinaires (médecine, ergothérapie, sciences infirmières, etc.) réalisent différentes activités, dont résoudre des cas de patients. Cela leur permet de discuter avec des étudiants ayant un mode de pensée, des expertises et des pratiques différentes.

Et vous, que pensez-vous du Pharm.D.?

Chantal Pharand.

 




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