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2012-12-05  |  

Pénurie de pharmaciens au Québec

La pénurie aigüe de pharmaciens au Québec : ce n’est pas du cinéma! La situation désolante et inadmissible, rendue publique depuis une dizaine d’années, est maintenant source de préoccupation dans la population et fait grincer des dents les différents acteurs du milieu de la santé. Comment contrer cette pénurie? Cette question, maintes fois soulevée, analysée et décortiquée, ne sait trouver réponse. Si l’ultime issue nous échappe, des pistes de solutions ont tout de même été explorées dans les dernières années pour pallier la crise. Voici un point de vue plus qu’intéressant.

 

Réagir à la crise

Pour Fadi Chamoun, pharmacien propriétaire et président  d’une compagnie de pharmaciens et ATP remplaçants, le problème est bien réel. En fait, c’est ce qui l’a motivé à mettre sur pied une telle compagnie. Son équipe, aujourd’hui composée d’environ 120 pharmaciens propriétaires et employés salariés, vient répondre à un besoin criant dans le système de santé québécois. Monsieur Chamoun nous explique : « Ces professionnels offrent leurs services dans différentes pharmacies, que ce soit dans le milieu communautaire ou hospitalier. Ils donnent un coup de main appréciable là où les pharmaciens propriétaires subissent une trop grande pression, éprouvent des contraintes de temps et notent un manque de personnel. Nos pharmaciens et ATP viennent combler un manque qui permet de garder les pharmacies ouvertes! » Nul doute qu’il s’agit d’un moyen efficace pour contrôler cettedite pénurie.

 

Des super héros?

Qui sont ces pharmaciens et ATP prêts à voler à la rescousse des pharmaciens qui lancent un SOS? Le portrait est varié, au même titre que leurs motivations à travailler au sein d’une telle compagnie. La plupart, pharmaciens qui travaillent déjà à temps plein, cherchent  à augmenter leur revenu et décident de joindre la compagnie à temps partiel pour des motifs financiers. Plusieurs pharmaciens pratiquants sont eux-mêmes d’anciens pharmaciens propriétaires recherchant un autre mode de vie. Ces derniers, ne voulant plus travailler à temps plein au sein d’une seule pharmacie, se réjouissent donc d’une telle opportunité. Sans surprise, nous retrouvons également  des jeunes diplômés voulant à leur tour devenir pharmaciens propriétaires. Cette expérience de travail leur permet de découvrir les possibilités du marché. Enfin, il y a ceux qui ont l’âme voyageuse et qui en profitent pour explorer les belles régions du Québec.

 

Des outils pour se sortir de l’impasse

Bien qu’il nous rappelle toute la complexité de la problématique, monsieur Chamoun n’est toutefois pas si pessimiste quant à l’avenir de la profession au Québec. Selon lui, quelques ajustements peuvent déjà faire une différence notable dans le milieu. D’abord, le nouveau programme d’études pour les pharmaciens étrangers est une avancée considérable. En effet, cette formation d’appoint donne la possibilité aux pharmaciens immigrants de pratiquer leur métier d’origine plus rapidement. Ils pourront donc occuper des postes vacants dans un futur rapproché. Souhaitons que la loi 41 permette également de contrer cette pénurie. L’application de cette loi, plus axée vers le bien-être du patient, donnera le feu vert aux pharmaciens pour exécuter de nouveaux actes et donc, logiquement, incitera ces derniers, qui songeaient peut-être à devenir médecins, à rester en fonction au sein de la pharmacie. Monsieur Chamoun mentionne également que l’avancée technologique risque de jouer en la faveur des professionnels, lorsqu’on pense notamment à l’automatisation au niveau du comptage des pilules.

Évidemment, lorsque les tâches sont allégées, les pharmaciens disposent de plus de temps pour répondre aux besoins des clients. Pour Fadi Chamoun, un vent de changement s’opère, mais il faut agir rapidement : « La situation, telle qu’on la connait, ne peut plus durer. Par manque d’effectifs, plusieurs pharmaciens sont contraints de revoir leurs heures d’ouverture, dans la semaine, mais aussi le week-end. Aujourd’hui, rares sont les pharmacies qui sont ouvertes jusqu’à minuit! Pourtant, c’était chose courante il n’y a pas si longtemps. »

Les mesures mises en place ont évidemment pour but d’augmenter le nombre d’étudiants en pharmacie afin d’assurer une relève qualifiée plus nombreuse. Dans les années à venir, la situation risque d’être plus stable dans les grandes agglomérations comme Montréal. Cependant, qu’en sera-t-il des régions? Leurs besoins seront-ils assouvis? Peut-on croire qu’on arrivera collectivement à répondre à la demande? Monsieur Chamoun reste perplexe quant à ces interrogations. Il poursuit en disant : « il ne faut pas oublier le vieillissement de la population à moyen et long terme et l’ouverture des nouvelles pharmacies dans les magasins Target à court terme! Ce sont des réalités qu’on ne peut malheureusement pas nier. » Bref, seul l’avenir nous le dira. Pour l’instant, prendre en considération les pistes de solutions envisagées par des gens du milieu semble l’option la plus réfléchie.  

 

Écrit par Noémie Desbois Mackenzie

Contribution de Fadi Chamoun

 

  

 

 




Avenir de la pharmacie

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3 commentaires

Mike

28-02-2014

Il est amusant de voir que certains pharmaciens et patients exaspérés (comme moi !) du manque de SERVICE dans un domaine aussi crucial que la santé, se tournent de plus en plus vers des services 'en ligne' tels que http://pharmapause.com/pharma-tchat/
Il est vrai qu'on ne devrait pas se rendre a la pharmacie pour tout et n'importe quoi - mais quand même , bravo à ces initiatives et non au gouvernment !


PharmaBlogue

14-12-2012

Bonjour,
Je ne crois pas que vous êtes le seul dans votre situation. Effectivement, les programmes d'éducation sont rarement adaptés à un retour à l'école. Que se soit via les bourses/prêt ou même les horaires, les universités québécoises ont du travail à faire pour s'adapter à cette réalité. Par contre, on remarque de grandes améliorations comme le programme de qualification pour pharmaciens étrangers qui donnent la possibilité à des pharmaciens ayant suivi leur formation à l'extérieur du Québec de pratiquer après une mise à niveau à l'université.
Regardons vers l'avenir..


Anonyme

07-12-2012

Bonjour,
Je crois qu'il faudrait se poser une question sur notre système d'éducation. Je suis moi même à l'emploi dans un domaine complètement différent mais j'ai toujours carresser le rêve d'être dans le domaine médical et pharmacien m'a souvent attiré. Cependant je ne peux pas me permettre de quitter mon emploi et retourner au études temps plein pendant 7 ans pour devenir pharmacien. Cours à distance (soir/fin de semaine) pendant quelques temps suivis de stages rénumérés intensifs permettrait à plus de gens (et non uniquement les jeunes de 18 ans terminant le CEGEP) d'opter pour un changement de carrière.
Qu'en pensez-vous ? Suis-je le seul dans cette situation ?



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