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2013-07-30  |  

Quartiers riches, quartiers verts, quartiers santé

quartiers verts

L’espérance de vie varie selon les quartiers à Montréal. Il y a une différence de dix ans entre un quartier riche et un quartier pauvre. De multiples formes d’iniquités expliquent cette statistique. L’une d’elles : l’accès aux espaces verts.

Juillet 2013. Soirée de canicule à Montréal. Curieux, je suis allé voir les gens danser en ligne à la place du marché Maisonneuve. C’est un spectacle qui ne laisse pas indifférent. Souvent plus de 500 personnes y font des pirouettes et des kicks synchronisés. Ce soir-là, la pluie guette et il y a peu de personnes sur place. Je vais donc prendre une glace à quelques pas de là et rencontre Robert Gravel, un habitué. Le sexagénaire habite à quelques blocs seulement, sur Ontario. La chaleur ne le dérange pas : « On appréciera encore plus la pluie si ça éclate », dit-il avec philosophie. Danse continentale de côté, ce qui ne laisse pas indifférent non plus, ce sont les chiffres ressortis par un panel d’experts de l’Association médicale canadienne lors d’une assemblée publique dont le titre dit tout : « Dis-moi ton code postal et je te dirai quelle est ton espérance de vie » (mai 2013).

74,2 ans

C’est dans ce même quartier, Hochelaga-Maisonneuve, que l’on meurt le plus jeune au Canada à l’exception de certaines régions au nord du 55e parallèle. Vers 2006-2008, l’espérance de vie des concitoyens de Robert Gravel atteignait 74,2 ans. C’est une différence de 11 ans avec le territoire plus riche, couvert par le CLSC Saint-Laurent. Pire, selon le rapport du Directeur de la santé publique, les inégalités sociales de santé publique à Montréal (2011) ont à peine changé depuis le début des années 1990.

Un parc, des pilules

Un ensemble de facteurs explique ces chiffres. L’alimentation et les mauvaises habitudes de vie comme la sédentarité comptent pour beaucoup, mais le milieu physique est un autre déterminant important : moins d’espaces verts signifie plus d’ilots de chaleur et une excuse de plus pour ne pas faire de sport.

Accessibilité aux parcs et aux ilots de chaleur : deux sections complètes dans ce rapport de la Direction de santé publique. On y parle par exemple d’une étude qui a démontré « que les enfants des quartiers qui comptent plus de parcs signalent un niveau d’activité plus élevé que les autres enfants ». Oui, l’aménagement urbain est un facteur préoccupant.

En écoutant Juliette Patterson, on pourrait croire qu’il n’y aura jamais assez de parcs en ville. L’architecte paysagiste dont le bureau est au cœur de Pointe-Saint-Charles compare Montréal à une ville comme Paris. Elle remarque que notre grande sœur française implante bien plus de parcs que nous et particulièrement en milieu défavorisé. Plus de 60 hectares en 10 ans. Or, un parc, « ça vaut bien des pilules, mais c’est certainement plus cher à administrer », dit-elle. Juliette Patterson rappelle que ce que l’on ne compte pas c’est ce que les parcs nous font économiser en frais de santé. En effet, de plus en plus de recherches démontrent que le temps passé en milieu naturel est essentiel pour le développement des enfants et pour la santé générale.

Fiole de shinrin-yoku

Certains chercheurs suggèrent que des doses quotidiennes de « vert » pourraient prévenir et traiter de nombreuses conditions médicales : obésité, hypertension, diabète, asthme ou dépression. Au Japon, des médecins prescrivent aux citadins une bonne dose de shinrin-yoku, ou « bain de forêt ».

Aux dires de Juliette Patterson, l’aménagement d’un quartier n’est pas le seul facteur qu’il faut considérer, mais les individus moins nantis qui en sont souvent prisonniers deviennent encore plus vulnérables. On pense ici aux personnes âgées, aux personnes handicapées ou aux individus aux prises avec la maladie mentale.

Botté à 40

Les arbres filtrent les polluants et réduisent la température ambiante en été, mais est-ce que ça peut faire tant de différence sur l’espérance de vie ? « Oui, confirme la paysagiste qui s’implique socialement, les espaces verts encouragent la pratique de sport et combattent définitivement les îlots de chaleur. » On dit qu’il peut faire jusqu’à 10o Celsius de plus au-dessus d’un terrain de soccer en gazon synthétique. Entre un botté à 30o et un autre à 40Celsius, il y a plus que quelques gouttes de sueur. Or, une récente carte du gouvernement du Québec (accès à la carte détaillée) identifie les températures de surface au Québec. En ville, elle montre bien la disparité entre quartiers riches et quartiers pauvres.

Salsa torride

Il n’y a pas seulement plus de verdure dans les quartiers favorisés. Le nombre d’installations sportives ainsi qu’une circulation automobile plus lente incite aux déplacements actifs comme la marche et, plus on bouge, plus on augmente sa résistance aux maladies cardiovasculaires. Robert Gravel dansera souvent le continental cet été. Ça le gardera en forme, c’est certain. Je lui souhaite tout de même le plus de vert possible pour compléter le tout, car la piste de danse semble être une zone « très chaude » selon la carte de température de surface.




Développement durable | Sport et santé

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