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2013-02-25  |  

Quel avenir pour la pharmacie au Québec (2 de 2)

avenir pharmacie

Le PharmaBlogue vous présente la suite du texte de Monsieur Pierre Moreau, doyen de la faculté de pharmacie à l’Université de Montréal. Suivez ce lien pour lire la première partie de :  Quel avenir pour la pharmacie au Québec?

La prévention auprès des communautés

Les études ne mentent pas : la prévention en santé est une priorité! Toutefois, les pharmaciens en font malheureusement très peu… S’ils en font auprès de leurs patients, c’est plutôt de façon individuelle et ce n’est pas systématique. Enfin, on pourrait certainement dire la même chose de la majorité des professionnels de la santé, n’est-ce pas? Pourquoi alors une telle réticence? En fait, c’est une question de culture! Les pharmaciens n’ont pas développé l’habitude d’axer leur pratique sur la communauté, quoique certaines chaines et bannières y travaillent. De par la confiance qui lui est accordée par la population, le pharmacien a une influence certaine sur le comportement des clients et sur leurs habitudes de vie. Ainsi, en offrant des services de prévention à la communauté (activités de santé publique), il renforcerait inévitablement cette complicité et contribuerait à faire en sorte que la pharmacie soit perçue comme un lieu de service de santé. Selon moi, les pharmaciens sont les mieux placés pour remplir ce rôle plutôt laissé vacant dans notre système de santé.

De ce fait, nous inculquons cette manière de penser à nos étudiants. Dans le cadre de leur formation, on veut leur faire réaliser qu’il ne s’agit pas juste de traiter un patient individuellement, mais bien de le percevoir au sein de sa communauté. Par exemple, selon les différents secteurs, on retrouve des problématiques de santé particulières : à un endroit, une population peut être plutôt vieillissante, alors qu’ailleurs, elle est en pleine expansion ou encore plus sujette à développer un type de maladie… On apprend donc aux étudiants à évaluer les besoins d’une population et à développer un projet à portée communautaire. Nous souhaitons ainsi que ces notions acquises leur permettront de mettre sur pied des projets novateurs plus qu’intéressants en prévention de la santé.

La multidisciplinarité

On ne parlera jamais assez de l’importance actuelle de la multidisciplinarité dans les soins de santé. Aujourd’hui, les gens vivent de plus en plus vieux, leur condition de santé se complexifie davantage, les spécialités sont de plus en plus pointues… Pour cette raison, on ne peut plus être indépendant et se fier uniquement à notre propre champ d’expertise. La santé est un tout. Suivant cette logique, et dans le contexte où les pharmacies communautaires sont des points de service de santé, il s’avère primordial d’aiguiser nos connaissances pour bien orienter le patient vers les autres professionnels de santé.

À l’université, nos étudiants entendent de plus en plus souvent parler de multidisciplinarité. Dès la première année, on veut les conscientiser à l’importance de cette collaboration entre professionnels de la santé. D’ailleurs, nous avons implanté un cours multidisciplinaire rassemblant quatre facultés distinctes et dix programmes de formation. Ainsi, des étudiants en médecine, en sciences infirmières, en nutrition, en ergothérapie, en pharmacie et en psychologie — pour ne nommer que ceux-là — sont appelés à travailler ensemble et à comprendre la profession de l’autre dans le cadre de projets misant sur l’interdisciplinarité. Ce programme, unique au Québec, est extrêmement formateur et très enrichissant pour les étudiants. Il puise dans la grande diversité de formation en santé offerte à l’Université de Montréal.

Vers une nouvelle approche en soins de santé

Les plus récentes recherches scientifiques nous le confirment : une réforme importante se dessine dans le monde de la santé. Dans les années à venir, nous parlerons davantage de médecine personnalisée ou encore de thérapie personnalisée. Par exemple, en ce qui a trait à la génétique, la réduction des coûts liés au génotypage et des avancées quant à son application est divulguée. C’est le cas de le dire, nous avons fait un bond de géant! À la vitesse où se développent les choses actuellement, on risque fort de voir poindre des changements dans les années à venir. Ainsi, le pharmacien doit rester présent et à l’affût des nouvelles découvertes pour qu’il soit à l’aise de modifier sa pratique et de jongler avec de nouvelles données.

À l’université, nous misons donc sur l’autoapprentissage. Nous exigeons que les étudiants découvrent par eux-mêmes pour mieux apprendre, pour mieux comprendre. Si la pratique de la pharmacie est appelée à changer, nos étudiants seront mieux préparés à emboiter le pas!

Pour ce qui est des pharmaciens en pratique, je n’insisterai jamais assez sur l’importance de la formation continue. Il faut suivre le courant et s’y intéresser avant de se sentir submergé! Dans ce contexte, nous avons développé un cours de formation continue sur la pharmacothérapie personnalisée. Le programme passerelle de Pharm.D., que nous préparons avec l’Université Laval pour 2014, sera aussi une excellente occasion de remettre ses connaissances à jour.

Les différents enjeux discutés risquent de modifier considérablement la pratique. Les pharmaciens, comme tous les professionnels de la santé, doivent se sentir concernés parce qu’après tout, ils sont là pour le mieux-être des patients, le mieux-être d’une communauté entière.

 




Avenir de la pharmacie

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