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2016-12-14  |  

Quoi savoir sur la prophylaxie de la migraine

migraine

« Il est primordial pour le pharmacien d’assurer un suivi de l’utilisation des médicaments abortifs et également de suggérer au besoin l’ajout d’une prophylaxie pour la migraine, ou en d’autres mots, une certaine mesure pour empêcher l’apparition de la migraine. »

Ceci concluait notre entrevue précédente avec Philippe De Grandpré. Pour faire suite logique, nous lui avons demandé de nous en apprendre davantage sur les prophylaxies migraineuses. Voici ses réponses : 

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une prophylaxie de la migraine exactement?

La prophylaxie de la migraine sert à diminuer la fréquence et l’intensité de la migraine, elle n’élimine pas complètement les migraines, mais peut grandement améliorer la qualité de vie. La migraine interfère régulièrement avec les activités de la vie quotidienne: prévenir son apparition est importante pour les patients.

Sur quoi se base-t-on pour prévenir les migraines?

Une prophylaxie de la migraine est habituellement proposée aux patients qui ont plus de 2 migraines par semaine en moyenne ou dont l’intensité des migraines interfère grandement avec le travail ou les activités de la vie quotidienne.

Une prophylaxie pour la migraine est un traitement que l’on donne dans le but de prévenir le déclenchement d’une migraine et en atténuer l’intensité. On vise habituellement une réduction de 50 % de la fréquence des migraines, une amélioration sur le plan fonctionnel et une amélioration de l’efficacité des traitements abortifs.

La prophylaxie est-elle seulement médicamenteuse?

Généralement oui, mais il faut aussi considérer les habitudes de vie du patient.

Il existe d’autres méthodes en développement, mais je ne m’y connais pas suffisamment pour bien en discuter. On peut aussi considérer certaines habitudes de vie comme une prévention des migraines. Comme discuté dans l’article précédent, il est possible pour le patient d’éviter certains déclencheurs au niveau alimentaire et aussi certaines habitudes de vie pouvant causer des migraines, comme le manque de sommeil.

Sur quoi se base-t-on pour prévenir les migraines?

La prophylaxie de la migraine se compose de plusieurs traitements médicamenteux. Les principaux sont les b-bloqueurs, les ATC, les anticonvulsivants, certains antihypertenseurs, certains antidépresseurs et certains anti-inflammatoires. Les tryptans, des médicaments que l’on utilise pour traiter les migraines, peuvent aussi être utilisés comme prophylaxie pour les migraines cycliques, comme les migraines menstruelles. Les traitements sont habituellement initiés à faible dose, puis titrés progressivement. On recommande un essai à dose thérapeutique pour au moins 6 semaines afin de bien valider l’efficacité de la thérapie. En pratique, si on n’atteint pas les objectifs thérapeutiques après 2 mois, il est justifié d’essayer une autre prophylaxie. Je tiens à rappeler qu’il s’agit de 2 mois à dose thérapeutique et non lors de la titration du médicament. Comme il existe plus d’une quinzaine de médicaments pouvant prévenir la migraine, il est important de bien discuter avec son médecin ou son pharmacien des différentes options qui s’offrent à vous.

Ces traitements durent-ils indéfiniment ou sont-ils utilisés seulement sur une certaine période?

Les traitements peuvent être utilisés sur de longues périodes, la migraine étant une maladie chronique. Il est possible de cesser la médication si les migraines ont complètement disparu depuis quelques mois en diminuant progressivement la dose du médicament utilisé en prophylaxie. S’il survient une recrudescence des migraines, la thérapie devrait être reprise.

Peut-on devenir « dépendant » de sa prophylaxie?

Il n’y a pas de risque de dépendance aux prophylaxies médicamenteuses. Il faut comprendre qu’un patient bien soulagé par une prophylaxie voudra la continuer pour éviter le retour de la douleur, mais on ne parle pas de dépendance ou de toxicomanie dans ce cas. Il s’agit d’une maladie chronique au même titre que l’hypertension. Il faut donc, pour certains patients, traiter de façon chronique.

Quels peuvent être les effets secondaires?

Comme les effets secondaires sont variables en fonction de la thérapie employée, il serait trop long de tous les mentionner. Il est important de noter que les traitements n’ont pas tous le même profil d’effets secondaires et c’est pour cela qu’il faut bien individualiser le traitement.

Et comment bien individualiser le traitement?

Le traitement sera habituellement individualisé en fonction bien sûr de la tolérance au traitement, mais aussi des comorbidités du patient. Ainsi, pour un patient présentant un trouble du sommeil en plus de migraines, l’amitriptyline qui cause de la somnolence est un bon choix. Un patient avec migraine et tremblement pourrait bénéficier d’un traitement avec un bêta-bloqueur. On doit donc considérer le patient dans sa globalité, en plus des preuves scientifiques d’efficacité, pour choisir le traitement qui conviendra le mieux à notre patient. Il est aussi important de considérer les préférences du patient; il faut donc bien discuter des différentes options qui s’offrent à lui et faire un choix en partenariat avec lui.

Se peut-il qu’une prophylaxie ne fonctionne pas? Que faites-vous dans ce cas?

Il arrive fréquemment qu’une prophylaxie pour la migraine ne fonctionne pas. Dans ce cas, il faut simplement revoir la médication en se posant les bonnes questions. Est-ce qu’on a utilisé une dose efficace? Est-ce que le patient prend la médication adéquatement? Y a-t-il des interactions médicamenteuses qui interfèrent avec le traitement? Il faut aussi se demander, quand on est médecin, si le diagnostic est le bon. Finalement, si on ne trouve pas de cause à l’inefficacité, on utilise habituellement une autre prophylaxie pour la migraine.

Y a-t-il des pharmacies ou des cliniques spécialisées dans les migraines et maux de tête?

Il existe effectivement des cliniques de la migraine dans différents centres hospitaliers, mais au niveau des pharmacies, je n’en connais pas vraiment. Je traite la migraine en collaboration avec des médecins, mais je ne me considère pas comme un « spécialiste ». J’accompagne les patients dans leur traitement et je les aide à ajuster la posologie. Lors de problèmes, j’interviens auprès du médecin plus rapidement. La majorité des cas ne requièrent habituellement pas de devoir aller en clinique spécialisée. Dans le cas échéant, on parle alors de cas résistant ou difficile à traiter.

 




Douleur chronique

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