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2016-08-30  |  

Soeurs Grises : Le développement durable depuis 1737 (2 de 2)

soeurs grises

       Couvent des Sœurs Grises, vers 1885. Henry Richard S. Bunnett, Wikimedia Commons.

Suite du billet de Mathieu Régnier sur l’action sociale des Sœurs Grises de Montréal, engagées dans ce qui aurait pu s’appeler le « développement durable » depuis 1737.

Remèdes pour maux de société

Qui dit soins de santé, dit thérapies et remèdes. Qui dit remèdes, dit pharmacie. Les Sœurs Grises de Montréal ne pouvaient en effet pas poursuivre leurs activités dans le domaine de la santé sans quelques bonnes pharmaciennes et sans quelques bonnes recettes. Le service des archives de la congrégation souligne l’importance de la fonction de Sœur pharmacienne et un survol des documents disponibles permet d’observer que ce rôle devint de plus en plus important à mesure que les Sœurs concentraient leurs efforts dans le domaine médical. Jusqu’en 1847, seule une « petite armoire vitrée » à proximité de l’infirmerie de la maison mère constituait la pharmacie de la congrégation. Dix ans plus tard, la pharmacie devenait une chambre complète près de celle de la Sœur Supérieure. En 1864, une pharmacie fut installée dans l’annexe ajoutée en face du Marché Saint-Anne (là où se situe actuellement la Place d’Youville). Il s’agissait alors d’un appartement plus important, entouré d’armoires et comportant une chambre de consultation. Suite au déménagement des Sœurs du Vieux-Montréal au Mont Sainte-Croix (sur la rue Guy) en 1871, la pharmacie et son laboratoire occupent alors quatre appartements. Avec les années, plusieurs Sœurs Grises occupèrent les fonctions de pharmaciennes, que ce soit à la Maison Mère ou dans les différentes œuvres ou missions gérées par la congrégation. Parmi celles-ci, Sœur Eulalie Perrin (1829-1907) se démarqua par l’invention de la pancréatine (ou cyano-pancréatine). Les Sœurs possèdent encore le brevet de ce médicament qu’elles commercialisèrent. Aussi aux archives : plusieurs objets, témoins des premières heures de la pharmacie moderne au Québec ou encore un petit livret contenant une série de recettes pour produire les médicaments (1928-1930). Un autre document définit les fonctions de Sœur pharmacienne ainsi que les règles qu’elle doit suivre au quotidien. On y lit, dès les premières lignes : « cet emploi, l’un des plus importants de la maison, exige, en celle qui en est chargée un grand fond de sagacité, de prudence et de discrétion ; et surtout beaucoup de charité, de douceur et de patience ».

Cohésion sociale

L’implication communautaire des œuvres religieuses était et demeure souvent leur principale raison d’être. C’est le cas à travers le monde et, ceci, peu importe la religion. Malgré un désengagement religieux planétaire et ce que certains qualifient de vacuum spirituel généralisé, que l’on soit en Asie ou en Amérique, l’empreinte des communautés religieuses sur la cohésion sociale est encore bien présente en 2016. Au Québec, des femmes et des hommes guidés par leur foi et par leurs idéaux contribuent ainsi, depuis le début de la colonie, à adoucir les aspérités de la vie. Par leurs soins et leurs attentions, ils sont le reflet de la solidarité humaine qui est si centrale lorsque l’on parle de développement durable.

En se plongeant dans le passé et en s’intéressant aux exemples d’actions sociales guidées par une éthique d’entraide, l’on constate que les origines des grands principes de durabilité ne sont pas si lointaines. Aujourd’hui, plusieurs membres des communautés religieuses s’engagent socialement par le biais d’organismes communautaires. Ils réalisent qu’ils sont de moins en moins nombreux et que d’autres mécanismes pallient maintenant très bien les besoins sociaux.

Si l’on se penche avec assez d’attention sur leur travail et sur les valeurs qui les sous-tendent, le legs des Sœurs sera peut-être celui d’un message qui survivra au temps. Ce message, c’est celui de la compassion et de l’adéquation de nos valeurs avec nos actions.  Pour matérialiser ceci dans nos pratiques d’affaires et dans nos vies de tous les jours, le développement durable offre un cadre idéal qui pourra être mis en œuvre avec une foule d’outils, mais jamais une démarche formelle en développement durable ne pourra être pleinement réussie sans une réflexion sur les valeurs qui la sous-tendent. En ce sens, il ne tient qu’à nous de tirer des leçons des religieuses. Pour cela, il faut savoir s’arrêter et réfléchir.

À bien des égards, les religieux d’autrefois ressemblent aux jeunes d’aujourd’hui, qui sont interpellés par le discours du développement durable et qui décident de s’engager. La différence est que nous pouvons apprendre de leur exemple et en tirer les meilleurs éléments. Je ne suis pas le seul à être convaincu qu’ils seront essentiels pour bâtir la société de demain.

Par Mathieu Régnier
Spécialiste en communication environnementale

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Avenir de la pharmacie | Développement durable

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