logo Pharmablogue



2016-08-29  |  

Soeurs Grises : Le développement durable depuis 1737 (1 de 2)

Soeurs Grises

     Couvent des Sœurs Grises de Montréal, 1867. William Notman, Wikimedia Commons.

Pendant longtemps, développement durable signifiait charité chrétienne ou éthique religieuse. Bien avant l’invention du terme, les communautés ecclésiastiques étaient déjà des ambassadrices de la durabilité. La congrégation des Sœurs Grises de Montréal est un bon exemple. Au cœur de leur action : une éthique de société.

Les communautés religieuses, et particulièrement les congrégations de femmes, sont non seulement aux racines de plusieurs institutions canadiennes contemporaines, mais elles font partie du patrimoine social du pays. Nous l’oublions malheureusement trop facilement. Et pourtant, les religieux sont les ancêtres de nos programmes sociaux et, dans le cas des Sœurs de la Charité de Montréal, aussi connues sous les vocables de « Sœurs Grises », c’est en matière de soins de santé que la communauté s’est particulièrement distinguée.

Cette ascendance des institutions religieuses dans plusieurs secteurs considérés aujourd’hui comme relevant des affaires publiques s’observait partout en occident. C’était tout particulièrement le cas au Québec à une époque où l’Église avait une influence importante sur la société et où l’État, les entreprises ou les organisations non-gouvernementales ne s’engageaient pas autant qu’aujourd’hui pour répondre aux enjeux du développement durable. Parmi ceux-ci : mettre fin à l’extrême pauvreté, promouvoir une économie inclusive, donner accès aux soins de santé, etc.

Femmes de compassion

En matière de vocation sociale, l’exemple des Sœurs Grises n’est pas anecdotique. Depuis 1737, l’évolution de cette congrégation repose sur une mission centrée sur la « compassion envers les personnes les plus démunies de la société ». Pendant plus de 200 ans, cette aide aux démunis s’est traduite par une action sociale très structurée. Ainsi, les divers services communautaires rendus par les religieuses ont évolué au fil du temps bien que les soins de santé aient toujours été au cœur de leur action.

Les œuvres des Sœurs Grises sont nombreuses, et par « œuvres », on pense aux organisations non lucratives qui ont pour objectif d’améliorer les conditions de vie de certains groupes sociaux. Parmi ces œuvres, on compte la création de quelques écoles et de plusieurs hospices ou instituts liés au domaine de la santé. La plupart sont fermés aujourd’hui ou relèvent du ministère de la Santé. Cependant, plusieurs institutions encore très actives découlent aussi de leur labeur et de leur foi. C’est le cas de l’Institut de Cardiologie de Montréal (ICM). Fondé dans les années 1950, l’ICM est aujourd’hui une référence mondiale en matière de cardiologie. Ce domaine se développait rapidement à l’époque et les Sœurs, qui, suite à une admirable réflexion stratégique, décidèrent de transformer un étage complet de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont en institution séparée entièrement consacré à la cardiologie. Cette décision ne pouvait venir que d’une excellente connaissance des plus récentes avancées scientifiques. À l’époque, on n’hésitait d’ailleurs pas à envoyer des Sœurs acquérir de l’expérience à l’étranger. Très intéressée par la cardiologie, quasiment une spécialiste dans sa communauté, Sœur Lucille Ouellet étudiera aux États-Unis par exemple. Aux premiers jours de l’institut, c’est elle qui veilla à l’achat d’appareils spécialisés.

Le docteur Martin Juneau, cardiologue et directeur de la prévention à l’ICM explique que pour l’époque, les Sœurs « ont fait preuve d’un véritable esprit visionnaire qui s’apparente énormément à celui des penseurs contemporains qui cherchent à répondre aux enjeux du futur en santé ». À cet égard, il y aurait lieu d’ajouter que cette vision est très proche aussi de celle des stratèges en développement durable pour qui l’avenir recèle des opportunités autant que des défis. Le cardiologue confirme que « c’est après la visite de nombreux hôpitaux américains que les Sœurs ont entrevu le rôle prépondérant qu’allait occuper la cardiologie en médecine ». Martin Juneau salue l’initiative qui allait « doter le Québec d’un centre de niveau mondial ».

Laboratoire clinique génétique de l’Institut de Cardiologie de Montréal.

ICM

Photo: Institut de Cardiologie de Montréal. 

Sur le site Web de la congrégation, une liste partielle de leurs œuvres est disponible et l’on en compte près de 25, mais il y en eut bien plus. Pensons ici aux refuges pour itinérants ou pour les femmes en difficulté, aux sites d’aide alimentaire ou de distribution de vêtements ainsi qu’aux résidences pour personnes handicapées ou aux hospices pour personnes âgées. Bien entendu c’est sans compter l’ICM ou d’autres institutions d’envergure comme les hôpitaux Notre-Dame et Maisonneuve-Rosemont. Rappelons-nous que l’assurance maladie universelle est seulement une réalité au Canada depuis les années 1960. Sans ces religieux, ces femmes et ces hommes passionnés, les moins nantis n’auraient pas eu accès aux soins de santé et nous n’aurions pas la qualité de vie que nous avons aujourd’hui.

(2e partie à suivre)

Par Mathieu Régnier
Spécialiste en communication environnementale




Avenir de la pharmacie | Développement durable

0 commentaire

Commenter l'article

*Champs obligatoire


+ Populaires + Commentés
pommade du Dr Nweman

[ Allaitement ] La crème « tout usage » du Dr Jack Newman : un traitement miracle ?


téterelle allaitement

La téterelle et l'allaitement : pourquoi, quand et comment?


Probiotiques

Les probiotiques : quand, comment et pourquoi les utiliser?


La massothérapie

Les secrets de la massothérapie


blanchiment des dents

Le blanchiment des dents : bien plus qu’une procédure esthétique!


La profession d’ATP : en constante évolution!


Article suivant

Revue de presse santé

Zika: des parcs d'amusement d'Orlando offrent gratuitement du chasse moustiques