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2015-01-07  |  

Suce et biberon : amis ou ennemis de l’allaitement? (suite)

suce et biberon

Nous avons vu, dans un précédent article, les raisons qui poussent souvent les parents à faire usage de la suce ou du biberon, et par quels moyens il était facilement possible de les remplacer. Ceci dit, il importe maintenant de souligner les raisons qui font en sorte que l’usage de ces deux outils est fortement déconseillé en période de lactation.

Voici donc une liste des risques que comporte l’utilisation de la suce et du biberon, et les solutions pour en minimiser les impacts.

Quels sont les risques à utiliser une suce ou un biberon au cours de l’allaitement ?

Ils sont multiples et de différents ordres.

Problèmes physiologiques

Tout d’abord, les muscles et la structure de la langue et de la bouche ne fonctionnent pas de la même façon au sein que sur une suce ou un biberon. Ce ne sont pas les mêmes mouvements ni les mêmes muscles qui sont sollicités. Cela peut donc entraîner une désorganisation du réflexe de succion et de la tétée au sein, et créer des difficultés d’allaitement, douleurs ou blessures chez la mère, ou encore des problèmes de production de lait et une prise de poids inadéquate chez le bébé.

Nous nommons ce problème par le principe de « confusion sein-tétine ». À long terme, cela se traduit parfois par des malformations de la bouche ou des mâchoires et donc plus de risques d’avoir besoin de traitements orthodontiques et orthophoniques pour des difficultés langagières.

Problèmes de production de lait chez la mère

Le temps que le bébé passe avec une suce ou un biberon, il ne le passe pas au sein de sa mère à stimuler sa production de lait. On peut donc observer une baisse de production de lait à moyen ou long terme. C’est d’autant plus vrai lors des six premières semaines après la naissance, période où la production de lait s’installe et se régularise aux besoins du bébé.

La difficulté, c’est que ces problèmes ne s’installent pas du jour au lendemain ; cela se fait doucement, et le jour où l’on s’en aperçoit, il est difficile de faire marche arrière. Cela peut même se concrétiser par un bébé qui ne prend pas suffisamment de poids et qui doit être supplémenté. On rentre alors dans un cercle vicieux infernal qui aboutit souvent à un sevrage précoce et réduit certainement la durée de l’allaitement exclusif recommandé les six premiers mois de vie.

Risques d’infection

Sachez aussi que l’utilisation de la suce ou du biberon est liée à une augmentation des risques d’infections comme les otites, le muguet et les caries dentaires. Elle favorise également un retour précoce des menstruations de la mère et donc augmente les risques de grossesses rapprochées. Cependant, son utilisation pendant le sommeil est associée à une diminution du risque de syndrome de mort subite du nourrisson.

Rappelez-vous : quand la suce est utilisée pour régler ou atténuer un problème d’allaitement, elle va au contraire le camoufler ou l’accentuer. Elle peut être un indicateur de difficultés, d’où l’importance de voir une consultante en lactation IBCLC pour identifier les raisons de l’utilisation de la suce et assurer des conditions optimales pour maintenir l’allaitement.

Comment peut-on minimiser ces risques ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans le cadre de l’Initiative des Amis des Bébés (IAB) recommande fortement de ne pas utiliser la suce ou le biberon durant les six premières semaines de vie du nourrisson, période pendant laquelle la production de lait s’installe, ou tant que l’allaitement n’est pas bien mis en place si cela prend plus de temps.

Ensuite, il s’agit simplement de ne pas les utiliser de façon routinière ou quotidienne, et d’en limiter l’usage.

Dans certains cas, une évaluation de l’allaitement par une consultante en lactation IBCLC permettra de voir si quelque chose peut être modifié pour rendre l’allaitement plus confortable et limiter ainsi l’utilisation de la suce ou du biberon. Il est important de maintenir l’allaitement à la demande et exclusif les six premiers mois de vie afin de maintenir une bonne production de lait à long terme (tel que recommandé par l’OMS).

Au moment de choisir ces outils, bien que la forme, la texture et les matériaux peuvent aider à favoriser un meilleur positionnement de la langue et des lèvres pendant la succion afin de moins nuire à l’allaitement, sachez qu’il importe de ne pas se fier aux messages inscrits sur les emballages qui sont souvent plus axés sur la vente que sur les bienfaits pour le bébé. La façon dont on donne le biberon peut également faire toute une différence en rendant l’enfant plus ou moins actif, en contrôlant le débit et la prise du biberon.

Alors, la suce et le biberon… amis ou ennemis de l’allaitement ? Ça dépend ! Parce qu’en allaitement, il faut tenir compte de chaque bébé, de chaque mère et de chaque situation. Pour certaines personnes, ces outils permettront d’allaiter plus longtemps, pour d’autres ça sonnera la fin de l’allaitement, d’où l’importance d’évaluer sa situation avant de prendre une décision pour trouver les bonnes solutions aux bons problèmes.

Par Marie-Caroline Bergouignan
Consultante en lactation IBCLC
Au service de votre allaitement
www.sosallaitement.com
514-967-6206


Références

MOHRBACHER, Nancy. Breastfeeding answers made simple, 2010
WALKER, Marsha. Breastfeeding management for the clinician, 2011




Allaitement

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