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2012-11-26  |  

Surplus de poids : la situation du Québec

Le Québec a-t-il raison de s’inquiéter des problématiques de surplus de poids et d’obésité de ses citoyens? Pourquoi en faire une préoccupation majeure? Parce que, malheureusement, il ne s’agit pas là d’une légende urbaine. À ce sujet, les statistiques ne mentent pas : chez les adultes, plus de la moitié de la population québécoise souffre d’excès de poids… Alarmant, dites-vous? Suzie Pellerin, de la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids), est d’avis que c’est un enjeu qui doit être priorisé et qui concerne l’ensemble des acteurs de la société.

 

1)      D’abord, qu’est-ce que la Coalition Poids?

Créée en 2006 et parrainée depuis 2008 par l’Association pour la santé publique du Québec, la Coalition Poids est une organisation œuvrant partout au Québec. Elle est appuyée par plus de 220 partenaires issus de divers secteurs tels l’éducation, la santé, l’environnement, les municipalités, etc. Collectivement, nous visons à influencer notre environnement. En d’autres mots, nous travaillons très fort pour que ce soit plus facile de bien manger et de bouger davantage au Québec. C’est en fait notre mission! Concrètement, nous intervenons auprès des décideurs municipaux, provinciaux et fédéraux afin de mettre en place des mesures pour atteindre nos objectifs.

 

2)      Pourquoi la Coalition Poids a-t-elle été créée?

En fait, la Coalition Poids est née d’une problématique préoccupante pour le Québec. Au début des années 2000, l’Organisation mondiale de la santé décrit la situation actuelle de pandémie d’obésité. Suite à cette affirmation déroutante, nous avions le devoir, en tant que société, de nous doter de stratégies pour prévenir les problèmes liés au poids. Le gouvernement du Québec a donc adopté un plan d’action gouvernemental en 2006, auquel se sont ralliés plus de 10 ministères et organismes. Ces partenaires ont ciblé 75 actions bien précises pouvant contribuer à la réduction des problèmes liés au poids. Ainsi, dans la foulée des évènements, la Coalition Poids fut perçue comme une initiative pertinente pour contribuer à améliorer la situation.

 

3)     Selon la Coalition Poids, quelle est la situation actuelle du Québec quant à l’obésité?

Vous savez, les statistiques sont bien réelles et restent préoccupantes. En octobre 2012, une étude publiée par l’Institut de la statistique du Québec nous dévoilait qu’un jeune sur cinq au niveau secondaire est en surplus de poids. Chez les adultes, le portrait n’est guère mieux : c’est un adulte sur deux qui souffre d’embonpoint ou d’obésité. Socialement, on ne peut être indifférents à cette problématique. On sait que plusieurs maladies sont associées à cette réalité, entre autres, le diabète de type 2, différents cancers, les maladies cardio-vasculaires, etc. Nécessairement, ceci met une pression énorme sur le réseau de la santé! Il faut agir maintenant pour freiner cette tendance. Évidemment, les problèmes liés au poids s’expliquent par notre environnement qui a graduellement changé. On pense par exemple aux mets transformés, à l’accès facilité à la malbouffe et aux boissons sucrées, à notre dépendance à l’automobile… La situation telle qu’on la connait ne peut plus durer.

 

4)      La Coalition Poids œuvre dans trois grands secteurs d’intervention. Quelles sont les différentes priorités d’intervention dans chacun de ces secteurs?

Secteur agroalimentaire

Nous avons d’abord milité pour la disparition de la malbouffe et des boissons gazeuses dans les écoles et les hôpitaux. Beaucoup d’améliorations ont été constatées au cours des dernières années à ce sujet, mais il reste du travail à faire. Aujourd’hui, notre priorité est d’implanter des cours de cuisine dans les écoles. Pour les jeunes, c’est une occasion inouïe de développer des compétences culinaires qui leur seront utiles tout au long de leur vie! Nous militons aussi pour limiter le pouvoir d’attraction des boissons sucrées. Nous réclamons une redevance qui serait payée par les embouteilleurs et dont les revenus seraient investis en prévention. La France a d’ailleurs adopté une telle mesure cette année.

 

Environnement bâti

Nous portons aussi attention à la façon dont nous concevons nos villes, nos territoires. Ainsi, nous savons que le développement du territoire, tel qu’il est aujourd’hui, incite les citoyens à se déplacer en voiture. Nous militons donc pour une révision des façons de faire en matière d’aménagement du territoire afin de rendre plus sécuritaires la marche et le vélo. À ce sujet, nous sommes agréablement surpris de constater que les municipalités se réjouissent de telles initiatives. Elles reconnaissent l’importance de la mobilité active, ce qui est très motivant pour nous! Par contre, elles ont souvent des ressources limitées et donc ont besoin de l’appui du gouvernement.

 

Socioculturel

Nous savons que la publicité et le marketing ont un impact important sur nos habitudes de vie. Ainsi, notre dossier prioritaire est de limiter le marketing alimentaire destiné aux enfants. Au Québec, il existe une loi interdisant la publicité destinée aux moins de 13 ans. Toutefois, les sanctions demeurent minimes et la surveillance exercée insuffisante. La Coalition Poids s’est donc donné comme mandat de surveiller les pratiques de l’industrie et dépose régulièrement des plaintes pour que la réglementation soit respectée.

 

5)      Vous avez mentionné la récente parution d’une enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire. Que faut-il retenir de cette enquête?

En fait, il y a un véritable problème concernant la consommation de boissons sucrées et de boissons énergisantes chez les jeunes. Le gouvernement doit agir pour réglementer davantage cette industrie. Un autre fait sidérant concerne la sédentarité chez ces jeunes. On dit que seulement 30 % des élèves atteignent le niveau d’activité physique recommandé par jour. Il faut trouver un moyen d’intégrer l’activité physique au quotidien. Faire bouger les jeunes est pour nous une priorité!

 

6)     La problématique liée au poids est préoccupante. L’avenir de la santé des Québécois vous effraie-t-il?

Cette cause me tient énormément à cœur et je reste optimiste pour l’avenir! Évidemment, il y a beaucoup de travail à faire. Il y a certes une grande résistance du lobby de l’industrie de l’agroalimentaire, ce qui nous rend la tâche difficile. Les techniques utilisées pour nous freiner dans nos actions sont d’ailleurs similaires à celles de l’industrie du tabac… Cependant, nous ne lâcherons pas prise! Nous remarquons une belle mobilisation au Québec. C’est extrêmement encourageant. Nous poursuivons donc notre mission parce que nous croyons à un éventuel changement.

 

Par Noémie Desbois Mackenzie

 




Nutrition 

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