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2016-08-17  |  

Un regard approfondi sur la douleur chronique

douleur chronique

Rappelons que la douleur chronique est une douleur s’échelonnant sur plus de trois mois ou dépassant le temps normal de guérison d’une blessure. Elle peut apparaître n’importe où sur le corps, de la bouche aux genoux. Les migraines et les douleurs lombaires en sont des formes très fréquentes.

Les types de douleurs chroniques

Il existe trois types de douleurs chroniques. Les voici :

  1. Les douleurs nociceptives sont causées par des lésions spécifiques des tissus. Elles peuvent être viscérales (lors d’une atteinte aux organes internes) ou musculo-squelettiques.
  2. Les douleurs neuropathiques sont des atteintes au niveau du système nerveux. Elles se caractérisent par une atteinte aux nerfs, sans lésion apparente au niveau musculo-squelettique. Il y a alors un défaut dans la transmission de l’information vers le cerveau. L’information sensorielle (toucher, température) est parfois perçue comme de la douleur
  3. Les douleurs fonctionnelles ont des causes plus difficiles à déterminer puisqu’il n’y a pas de lésions identifiables. Elles peuvent être associées à des causes psychosomatiques. Les migraines et la fibromyalgie en sont de bons exemples.

La perception de sa propre douleur : quand demander de l’aide?

Il peut se passer beaucoup de temps avant qu’une personne consulte pour des douleurs chroniques. Tout en étant conscients de leur douleur quotidienne, peu de gens associent eux-mêmes le terme « douleur chronique » à leur situation. Dans notre société, où les idéologies de performance dominent, il est parfois difficile d’admettre être atteint de douleurs chroniques. Parler de sa douleur semble parfois être associé à avouer sa faiblesse. Selon Philippe De Grandpré, les patients ont quelquefois une crainte d’être jugés. C’est pourquoi certaines personnes ne parlent pas ouvertement de leur douleur et tardent à consulter des professionnels de la santé. Lorsqu’ils franchissent cette étape, c’est que la douleur influe sur leurs activités quotidiennes et devient d’une intensité ingérable. Les professionnels de la santé pourront alors évaluer l’intensité de la douleur et l’impact fonctionnel de celle-ci pour élaborer un plan de traitement qui permettra d’atteindre les objectifs du traitement. Le soulagement de la douleur est un objectif louable, mais il est souvent difficile de procurer un soulagement complet ou même partiel de la douleur. C’est la raison pour laquelle il faut s’attarder à des objectifs fonctionnels.

La douleur chronique : pas seulement un problème du troisième âge

Il est important de mentionner que les douleurs chroniques ne sont pas que l’apanage des personnes âgées. En effet, il est très fréquent de retrouver ces douleurs chez les enfants et les adolescents sous la forme de migraines, scolioses, blessures sportives mal guéries, douleurs intestinales, etc. Ces douleurs peuvent également se poursuivre à l’âge adulte. Philippe De Grandpré souligne que certains patients traînent des douleurs chroniques depuis plus de 50 ans puisqu’elles ont débuté à un très jeune âge. L’arthrite juvénile ainsi que la pancréatite peuvent être des causes de telles douleurs s’échelonnant sur toute une vie. En bref, bien que la majorité des patients soient des personnes âgées atteintes de douleurs associées au vieillissement ou à l’expérience de vie (accumulation de blessures au travail ou dans les activités), il demeure que la douleur chronique est un problème pouvant surgir à n’importe quel âge.

La prise en charge en pharmacie : aller au-delà de la médicamentation

Bien que la médicamentation soit l’outil de prédilection des pharmaciens, Philippe De Grandpré souligne qu’en gestion de la douleur chronique, il est important d’utiliser tous les éléments mis à la disposition du patient, les médicaments n’étant qu’une option parmi tant d’autres. Effectivement, dans cet éventail de possibilités figurent l’ergothérapie, la physiothérapie, la massothérapie, les soins infirmiers, la médecine, la chiropratique, la kinésiologie, la diététique, etc. En consultation en pharmacie, le rôle du pharmacien est d’orienter le patient. Il doit l’aider dans la gestion de sa médicamentation (effets secondaires, gestion du dosage, horaire de la prise des médicaments, etc.). Bien sûr, le rôle du pharmacien est aussi de travailler de concert avec les autres professionnels de la santé en renforçant les principes de bases du maintien d’une bonne santé : rester actif et bien s’alimenter. Finalement, dans une situation de consultation en douleurs chroniques, le pharmacien se doit également d’être à l’écoute du patient pour pouvoir le conseiller sur ses habitudes. Il peut lui donner des trucs et conseils que le patient pourra intégrer à son horaire pour réduire l’impact de la douleur sur ses activités quotidiennes.

Par Philippe De Grandpré
Rédigé par Andréa Giroux




Douleur chronique

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