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2020-07-30  |  

Une analyse de sang permettant de dépister la maladie d'Alzheimer annoncée à l'occasion de la Conférence internationale 2020 de l'Alzheimer's Association? Les marqueurs visant la protéine tau nous rapprochent du but

Revue de presse santé

Pouvoir détecter la maladie d’Alzheimer par une simple analyse de sang représenterait une percée majeure pour les personnes aux prises avec cette affection et celles qui sont susceptibles d’en être atteintes, et aussi pour les familles, les médecins et les chercheurs.

CHICAGO, 28 juillet 2020 /CNW/ – Lors de l’AAIC® (Alzheimer’s Association International Conference®) de 2020, des scientifiques ont présenté les résultats de plusieurs études portant sur les avancées d’« analyses » de sang faisant ressortir des variantes anormales de la protéine tau. L’une d’elles pourrait être en mesure de détecter les changements cérébraux 20 ans avant que se manifestent les symptômes de démence. Plus particulièrement, les rapports mettent l’accent sur une forme précise de la protéine tau connue sous le nom de p-tau217, qui semble être la plus caractéristique de la maladie d’Alzheimer et celle qui présente le plus précocement des changements mesurables.

Les changements qui touchent l’amyloïde et la protéine tau du cerveau, tout comme leur agglutination sous forme de plaques et d’agrégats, respectivement, sont des caractéristiques physiques déterminantes de la maladie d’Alzheimer au niveau du cerveau. On estime que l’accumulation d’agrégats de protéine tau serait étroitement corrélée au déclin cognitif. Les nouveaux résultats présentés semblent aussi indiquer que les concentrations sanguine et plasmatique de la protéine p-tau 217, l’une des formes protéiques présentes dans les agrégats, serait étroitement corrélées à l’accumulation d’amyloïde.

Actuellement, les changements cérébraux qui surviennent avant l’apparition des symptômes de démence de la maladie d’Alzheimer peuvent seulement être évalués avec fiabilité au moyen de l’imagerie de diffusion par tomographie d’émission de positrons (PET), et en mesurant la concentration d’amyloïde et de protéine tau dans le liquide rachidien (CSF). Ces méthodes sont à la fois coûteuses et effractives. Trop souvent, elles ne peuvent être employées parce qu’elles ne sont pas couvertes par l’assurance ou qu’elles ne sont pas facilement accessibles, ou les deux.

« Nous avons urgemment besoin d’outils de diagnostic simples, peu dispendieux, atraumatiques et facilement accessibles pour traiter la maladie d’Alzheimer. De nouvelles technologies de test pourraient aussi favoriser le développement de médicaments de plusieurs façons. Elles serviraient par exemple à cibler les bonnes personnes pour les essais cliniques et à mesurer l’incidence des traitements mis à l’essai », affirme Maria C. Carrillo, Ph. D., directrice des affaires scientifiques de l’Alzheimer’s Association. « La perspective d’un dépistage précoce et d’un traitement applicable avant que la maladie d’Alzheimer ne cause des dommages importants au cerveau viendrait changer la donne pour les individus, les familles et notre système de santé. »

Une analyse de sang, notamment, permettra d’interpréter et de comprendre la progression de la maladie d’Alzheimer chez des populations plus vastes, plus diversifiées et en meilleure santé.

« Bien que ces nouveaux rapports soient encourageants, il ne s’agit que de résultats préliminaires et nous ignorons pour l’instant combien de temps il faudra avant que ces tests puissent servir en clinique. Ils devront faire l’objet d’essais à long terme et d’études à grande échelle, comme des essais cliniques portant sur la maladie d’Alzheimer », ajoute Madame Carrillo. « De plus, nous devons poursuivre les travaux de recherche pour améliorer et vérifier les tests qui sont pour l’instant ultramodernes, y compris les biomarqueurs visant le liquide céphalorachidien et l’imagerie PET. »

La protéine sanguine p-tau217 permet de détecter la maladie d’Alzheimer (c.-à-d. tant les plaques que les agrégats) avec une grande précision
Comme présenté lors de l’AAIC de 2020, une équipe internationale de chercheurs ont identifié des biomarqueurs sanguins hautement précis permettant de détecter la maladie d’Alzheimer en mesurant la concentration de la protéine p-tau217 dans le sang. Ses constatations ont été validées auprès de plusieurs populations diversifiées. Les scientifiques concluent que « la précision du diagnostic établi grâce à la protéine sanguine p-tau217 est aussi élevée que la précision obtenue au moyen des méthodes de diagnostic établies, y compris la tomographie par émission de positrons (PET) et les biomarqueurs du liquide céphalorachidien, lesquels sont effractifs, coûteux et moins disponibles ».

L’équipe de recherche était dirigée par Oskar Hansson, M. D., Ph. D., de l’Université Lund, en Suède, en coordination avec Sebastian Palmqvist, M. D., Ph. D., et Shorena Janelidze, Ph. D., de l’Université LundEric Reiman, M. D., du Banner Alzheimer’s Institute des États-Unis, Jeffrey Dage, Ph. D., de Eli Lilly aux États-Unis, et d’autres collègues chercheurs. Les chercheurs de l’Université Lund ont présenté leurs résultats lors de l’AAIC en plus de les diffuser en ligne.

Ils se sont penchés sur trois cohortes différentes totalisant plus de 1 400 patients, à savoir une vaste étude suédoise menée en clinique (l’étude BioFINDER-2), une cohorte présentant une confirmation neuropathologique de la maladie d’Alzheimer (l’étude d’Arizona sur le vieillissement et les troubles neurodégénératifs), et une grande cohorte de parents atteints de la maladie d’Alzheimer d’origine génétique (le registre colombien de la maladie d’Alzheimer à caractère autosomique dominant). Ils ont aussi analysé d’autres biomarqueurs actuellement expérimentaux (p-tau217, p-tau181, Aβ 42/40 et la chaîne légère de neurofilaments) tant dans le sang que dans le liquide céphalorachidien, puis effectué une tomographie par émission de positrons visant les pathologies associées à la protéine tau et à l’amyloïde.

La principale conclusion de l’étude veut que la protéine sanguine p-tau217 permette d’établir la distinction entre la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles neurodégénératifs, la précision du diagnostic atteignant 89 à 98 pour cent. Pour cette étude, l’évaluation de la protéine p-tau217 s’est révélée encore plus précise pour la maladie d’Alzheimer que les tests sanguins de la protéine p-tau181, la chaîne légère de neurofilaments ou le ratio amyloïde bêta 42/40, de même que l’imagerie par résonance magnétique (IRM). En fait, selon les chercheurs, le rendement s’apparente aux méthodes beaucoup plus chères, comme la tomographie par émission de positrons et les marqueurs de liquide céphalorachidien.

Ces derniers ont aussi découvert que la protéine p-tau217 analysée à partir de sang prélevé en cours de vie peut permettre de détecter les changements de la protéine tau mesurée dans les tissus cérébraux analysés après le décès. On pense que ces changements de la protéine tau dans le cerveau sont reliés à l’accumulation de plaques amyloïdes. La protéine p-tau217 a permis d’établir la distinction entre des personnes ayant des plaques ou des agrégats et d’autres non touchées par la maladie d’Alzheimer avec une précision de 89 %, celles ayant des plaques ou des agrégats plus importants avec une précision de 98 %, ainsi que les résultats de la tomographie par émission de positrons avec une précision de 93 %.

Les concentrations de protéine p-tau217 ont été multipliées par sept chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer alors que, chez des personnes présentant un gène causant la maladie d’Alzheimer, ces concentrations avaient déjà commencé à augmenter 20 ans avant l’apparition du trouble cognitif. « Une fois vérifié et confirmé, ce test pourrait permettre le dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer avant le stade de la démence, ce qui est très important pour les essais cliniques validant des traitements novateurs pouvant stopper ou ralentir l’évolution de l’affection », affirme Hansson.

L’amyloïde et la protéine tau dans le sang sont des marqueurs précis de l’amylose du cerveau et de la tauopathie
Pour faire avancer la recherche sur les analyses de sang permettant de dépister la maladie d’Alzheimer, Suzanne Schindler, M. D., Ph. D., de l’école de médecine de l’Université Washington de St. Louis, avec ses collègues, ont évalué le rendement d’une variété de mesures de l’amyloïde et de la protéine tau dans le sang.

À l’aide de la spectrométrie de masse, les scientifiques ont établi le profil de la protéine tau dans le plasma sanguin et ont comparé les résultats aux mesures du liquide rachidien et de la tomographie par émission de positrons. En la comparant à la protéine p-tau181, une forme plus connue, ils concluent que la protéine p-tau217 est plus étroitement liée à la formation de plaques amyloïdes dans le cerveau, comme mesuré par tomographie par émission de positrons.

De plus, leurs résultats avancent que les concentrations mesurées de plusieurs différentes formes de la protéine p-tau dans le sang au fil du temps pourraient permettre aux médecins et aux chercheurs de suivre les stades d’évolution de la maladie d’Alzheimer chez les personnes atteintes par cette affection.

Selon les chercheurs, une analyse de sang pour la maladie d’Alzheimer mesurant à la fois l’amyloïde et la protéine tau pourrait permettre de diagnostiquer la démence de manière plus précoce et plus précise non seulement chez les participants aux travaux de recherche, mais aussi chez les patients en clinique.

Les scientifiques ont entrepris l’étude SEABIRD (pour évaluer l’amyloïde dans le sang et l’imagerie associée à la démence) afin de mettre au point et de valider des biomarqueurs sanguins pour la maladie d’Alzheimer chez une cohorte plus diversifiée et plus représentative de la population de la région métropolitaine de St. Louis. Plus de 1 100 personnes caractérisées par une mosaïque de races, de statuts socio-économiques, d’antécédents médicaux et d’états cognitifs seront recrutées pour participer à l’étude SEABIRD.

La protéine p-tau217 du plasma est comparable à la protéine p-tau181 pour établir la distinction entre la maladie d’Alzheimer et la dégénérescence lobaire fronto-temporale
Des études récentes ont montré que la concentration de la protéine p-tau181 est plus de trois fois plus élevée chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en comparaison aux personnes âgées en santé ou aux personnes souffrant de dégénérescence lobaire fronto-temporale (FTLD), une maladie neurodégénérative. Lors de l’AAIC de 2020, Elisabeth Thijssen, M. Sc., et Adam L. Boxer, M. D., Ph. D., du Memory and Aging Center de l’UCSF, ainsi que leurs collègues, ont rapporté une comparaison de la protéine p-tau181 à une forme connexe de la protéine appelée p-tau217 pour déterminer laquelle des deux permet de mieux reconnaître les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

L’étude ouverte rétrospective comptait 617 participants : 119 personnes saines formant le groupe témoin, 74 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (laquelle a été confirmée par biomarqueur) et 294 personnes présentant une dégénérescence lobaire fronto-temporale. Dans ce groupe d’étude, la concentration de la protéine p-tau181 du plasma a été multipliée par trois chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en comparaison à celles du groupe témoin ou celles présentant une dégénérescence lobaire fronto-temporale. La hausse de la protéine p-tau181 du plasma a été encore plus importante : elle a été multipliée par cinq chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en comparaison à celles du groupe témoin, et par quatre en comparaison à celles présentant une dégénérescence lobaire fronto-temporale. Les résultats de la comparaison du plasma ont reflété ceux de la tomographie par émission de positrons de la protéine tau dans le cerveau. La protéine p-tau181 a une précision de 91 % alors que celle de la protéine p-tau217 atteint 96 % lorsqu’il est question de prédire si la gammagraphie cérébrale de la protéine tau d’une personne s’est avérée positive.

Selon les chercheurs, l’étude montre que la concentration mesurée dans le sang des protéines p-tau217 et p-tau181 est élevée chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, et que ces mesures correspondent étroitement à la « référence ultime » des résultats de la tomographie d’émission de positrons. Ces analyses de sang seront vraisemblablement utiles pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer et comme outils de suivi lors des essais cliniques pour mesurer les effets thérapeutiques des nouveaux traitements de cette maladie.

À propos de l’Alzheimer’s Association International Conference (AAIC)
L’AAIC (Conférence internationale de l’Alzheimer’s Association) constitue le plus grand rassemblement mondial de chercheurs venus de partout sur la planète voués à la maladie d’Alzheimer et aux autres troubles cognitifs. Dans le cadre du programme de recherche de l’Alzheimer’s Association, l’AAIC sert de catalyseur à la génération de nouvelles connaissances sur la démence et de soutien à une communauté collégiale essentielle consacrée à la recherche.

À propos de l’Alzheimer’s Association
L’Alzheimer’s Association est la plus importante organisation de volontaires de la santé pour les soins, l’assistance et la recherche dans le domaine de la maladie d’Alzheimer. Notre mission consiste à tracer la voie pour mettre un terme à la maladie d’Alzheimer et aux autres troubles cognitifs en accélérant la recherche mondiale, en assurant la réduction des risques et le dépistage précoce, et en optimisant la qualité des soins et du soutien. Consultez le alz.org ou téléphonez au 800.272.3900.

  • Oskar Hansson, Ph. D., et coll. Phospho-tau217 and phospho-tau181 in plasma and CSF as biomarkers for Alzheimer’s disease. (Les protéines phospho-tau217 et phospho-tau181 du plasma et le liquide rachidien comme biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer.) (Bailleur[s] de fonds : le Swedish Research Council, la Knut and Alice Wallenberg Foundation, et la Swedish Alzheimer Foundation)
  • Shorena Janelidze, Ph. D., et coll. Plasma phospho-tau217 is a potential early diagnostic and prognostic biomarker of Alzheimer’s disease. (La protéine phospho-Tau217 du plasma est un biomarqueur potentiel pour le diagnostic précoce et le pronostic de la maladie d’Alzheimer.) (Bailleur[s] de fonds : le Swedish Research Council, la Knut and Alice Wallenberg Foundation, et la Swedish Alzheimer Foundation)
  • Suzanne Schindler, M. D., Ph. D., et coll. Mass spectrometry measures of plasma Aβ, tau and p-tau isoforms relationship to amyloid PET, tau PET, and clinical stage of Alzheimer’s disease. (Relation de mesures par spectrométrie de masse de l’Aβ, de la protéine tau et des protéines isoformes p-tau du plasma à la TEP de l’amyloïde, à la TEP de la protéine tau, et au stade clinique de la maladie d’Alzheimer.) (Bailleur[s] de fonds : le National Institute on Aging des États-Unis)
  • Elisabeth Thijssen, M. Sc., et coll. Comparative diagnostic performance of plasma P-tau217 and P-tau181 in Alzheimer’s Disease and Frontotemporal Lobar Degeneration and correlations with [18F]Flortaucipir-PET uptake. (Rendement comparatif de diagnostic des protéines P-tau217 et P-tau181 du plasma en présence de maladie d’Alzheimer et de dégénérescence lobaire fronto-temporale et corrélations avec imprégnation de [18F]Flortaucipir par TEP.) (Bailleur[s] de fonds : le National Institute on Aging des États-Unis, le National Center for Advancing Translational Sciences, le Tau Research Consortium)

Logo – https://mma.prnewswire.com/media/1219566/AAIC_2020_Logo.jpg

SOURCE Alzheimer’s Association




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